mardi 19 juillet 2016

VELO

Mais que c'est beau!

La sortie du parc emprunte une petite rue en pente du centre village, déserte bien entendu. Pas un bruit pour venir troubler celui de ma respiration et du passage de vitesses.
La route principale est rejointe, on peut maintenant pédaler.
Les pieds bien dans les pompes, serrage des velcros, ajustage du casque, visière baissée....et arrêt du temps de la T1 sur la montre pour lancer le reste du déroulé automatique mode "multisport" de la Garmin.
Position aéro sur ce bord de lac, ça roule!
La route qui nous attend sur les premiers 10 Km est juste fabuleuse. C'est l'ancienne route qui n'est maintenant qu'ouverte aux vélos et joggeurs. Elle suit la découpe de la berge, pas très large, avec des enchaînements de courbes. On domine l'eau du lac de quelques mètres, rien ne bouge, tout semble figé tout autour, encore en sommeil.....il est 5h20 du matin.
Je suis surpris par la lueur que j'imaginais moins intense à cette heure, en fait on commence à vraiment bien y voir. je m'étais imaginé devoir louvoyer à la lumière de ma lampette led peu puissante, rien de tel, c'est parfait!
Au détour d'un virage, un photographe, clic clic clic clic, cooool, on va peut être avoir la chance de voir ces clichés. Ben ouai, en fait l'organisation va nous inonder de photos géniales après la course!


Après une dizaine de minutes comme ça, je commence à voir une loupiote rouge en point de mire, c'est surement mon Suédois. Il semblerait que l'écart ne se creuse pas mais que je me rapproche plutôt. Bien, j'appuie mais pas trop, on sait combien la journée sera longue. Les premiers 10 Km seront quand même pédalés à 37km/h de moyenne, c'est plat, sans vent, faut en profiter.

Je finis par rattraper le gars devant au Km 14, on discute une minute sur la beauté du paysage et la chance qu'on avait d'être là. Je le dépasse ensuite,
on se dit "see you later" sachant que la journée ne fait que commencer.
Un peu plus loin, encore une lampe arrière, là pareil, je me rapproche et fini par rencontrer le dossard 24, un Norvégien, Charley PrØdel , là pareil, on s'émerveille sur la journée qui s'annonce....je passe devant.
Ca roule comme ça, tranquillement, seul, mes pensées sont concentrées sur le dosage de mon effort. Les routes sont désertes, pas un chat. Le goudron est parfaitement lisse, c'est très roulant.

Un détail important, le marquage du parcours n'est fait qu'uniquement par des pancartes d'une cinquantaine de cm accrochés en sorties de ronds points. Il faut rester vigilant et le stress de ne pas être sur le parcours est bien là. Quelques kilomètres sont effectués avec de gros doutes quand de temps à autre une pancarte apparaît pour regagner en tranquillité..... on est pas habitués à ça mais finalement, ça fait aussi le charme de la course, loin des sur signalisations, loin des flonflons des courses hyper courues. Le parcours se déroule à la manière d'un jeu de piste, ça maintient éveillé.

Le premier ravitaillement pointe son nez, j'ai prévu de faire le plein pour palier au petit dèj. très limité. Je marque un arrêt, prends plusieurs mini  sandwiches salés (un luxe), une banane, une barre....ça repart. La banane en premier, le reste pour plus tard.

Les kilomètres déroulent comme ça tranquillement. Cette partie du parcours qui reste très urbaine nous fait traverser des villages et des zones industrielles de vallée de montagne. la région est connue pour ses exploitations sidérurgiques. pour autant, ça reste pas moche, tout ici est propre et bien rangé.
La position sur le vélo est toujours en mode aéro, sur les prolongateurs, tête baissée. Arrivent les premières petites bosses et il faut jouer du dérailleur, sans s'affoler, sans chercher à garder la vitesse.
Dans un des villages, je rattrape encore un coureur, à tiens, non, une coureuse, dossard 101.
Une moto l'escorte, c'est la première féminine, on échange quelques mots, je semble la sortir de sa bulle, elle a l'air surprise de se faire rattraper....je double mais sans marquer d'accélération tout en gardant les distances reglementaires, du coup, je profite de l'escorte de la moto qui ouvre le bal et prend de l'avance à chaque changement de direction pour qu'on ait plus à réfléchir à la visée de pancartes. C'est plutôt confort et on se prend vite au jeu....l'impression de vivre les images qu'on voit sur les reportages de compte rendus de courses, énorme. Je ne sais pas vraiment où je suis situé dans le classement, en fait, c'est pas important. Je suis là pour finir, aucun objectif de performance, pas de classement.
Je finis pourtant par m'éloigner de la première nana, plus d'escorte!

Encore une vingtaine de km et on va pouvoir attaquer les première pentes, à partir de Edolo. Un vent de face bien consistant s'est installé, hum, ça c'était pas dans mes plans....on va faire avec.
A la sortie d'un village, stupeur, les lumières rouges d'un passage à niveau sont allumées, j'appui en essayant de passer avant que les barrières ne se ferment........raté! Les barrières se ferment devant mon nez! Inutile d'essayer de passer, elles sont faites de telle manière que même un chat n'y parviendrait pas. A droite, pas de train, pas plus qu'à gauche.....le temps paraît incroyablement long, et effectivement, ça dure. Tellement que les trois coureurs doublés arrivent les un après les autres, on en rigole. La barrière finit par se rouvrir, ils me prient de passer devant, l'ambiance est au beau fixe et très amicale et détendue, vraiment chouette!

Bon, du coup j'ai retrouvé mon escorte, la nana me double dans une montée, elle attaque vraiment, je me demande ce qu'elle fait et laisse partir.

Edolo, kilomètre 65, second ravitaillement, je prends un bidon de flotte, une barre, deuxième banane....le ravito d'après n'est qu'au col de Mortirolo.....avec la première grosse difficulté. 1200m de D+ sur 30 km. Je commence à dérouler le roadbook installé sur les prolongateurs, ça fait plaisir. Je rattrape la première fille au détour d'un virage, juste avant un tunnel, on sort de l'ombre de la vallée en s'élevant, pour passer au soleil. Ca fait du bien. Les paysages commencent à être plus alpins.
On se rapproche de la bifurcation du Km 79 qui marque l'attaque de Mortirolo. Là, ça grimpe sévère. On passe de 6% de pente à  des passages courts à 10/12% avec les premiers lacets. Après le deuxième virage, je regarde en contre bas et aperçoit mon suédois qui semble revenir plein fer. Bon, on ne va pas s'affoler, il revient effectivement très vite mais je choisis de ne pas accélérer. Il me double en me disant que j'allais sûrement le refaire plus tard, ce que je n'imagine pas quand je vois la différence de vitesse avec laquelle il me dépasse. La première nana, elle, n'est plus en vue....il semblerait qu'elle ait lâché un peu de lest.
Je garde Patrik en point de mire, il semblerait qu'il ait été peut être un peu rapide à mon dépassement, je suis effectivement en train de le refaire. Bon, du coup, j'arrive à sa hauteur, on discute et on se retrouve du coup à  faire le col ensemble. Plutôt agréable, le temps passe à une allure vertigineuse, et les pentes sont assez régulières, et ça passe bien.



On se rapproche du Km 85, les lacets les plus raides nous font couiner, un passage très court mais très raide est noté à 20%. Patrik me raconte qu'il est sur un vélo qui n'est pas le sien et que son développement est 50/34 devant et .........13/21 (!) derrière. Mince, je comprends mieux pourquoi il fallait qu'il garde une cadence et une vitesse de montée, j'ai un
28 derrière et je suis content de ne pas avoir moins. Encore une dizaine de bornes pour taper le passage du premier col. Le parcours devient plus plan, alternant bosses et petites descentes, c'est ombragé et super agréable. On double un cycliste local qui reste dans la roue.

Arrive le passage du col proprement dit et le ravitaillement j'avais choisi de ne pas laisser de sac avec effets perso. vu la température agréable, il doit faire 10°C, super agréable, j'ai encore une banane et des barres.....je passe sans m'arrêter. Patrik oblique à droite, un autre coureur est aussi arrêté occupé à se ravitailler.....la descente attaque, le cycliste qui n'est pas dans la course passe devant, il va me servir de poisson pilote dans une descente très raide que je ne connais absolument pas, un vrai plus au niveau sécurité, ça me permet d'anticiper les freinages et de laisser filer quand il faut. Le revêtement est toujours aussi lisse, régalade!
J'arrive vite au bas de la pente et rejoins la route principale rejoignant Ponte di Legno, kilomètre 120. Vu la taille des deux axes se rencontrant, une batterie de signaleurs / police est là pour sécuriser le croisement, le troisième endroit de la course avec signaleurs. Impeccable. J'ai même 15 minutes d'avances sur le planning, j'avais misé sur 10h15 à cet endroit, il est 10h00 du matin!

Un faut plat montant de 12 kilomètres me sépare de Ponte, 10 kilomètres de Temu, où ont prévu de m'attendre la "Support team". Harald, support officiel, Bärbel, Ursula et Max, ils ont suivi le tracaur GPS depuis l'ordinateur au camping et connaissent mon classement et mon heure approximative de passage.



Il arrive!

Je les repère sur le coté gauche de la course, je vais bien, "ouai Nicooooooooooo" ils me crient aussi un truc mais je ne comprends pas......sssssss!!!???
Késako?

Je sais maintenant que vient Ponte di Legno et qu'on attaque le dernier gros morceau de la partie vélo,
- Il passo di Gavia - ! Le roadbook tourne encore.....on arrive vers la fin du parcours. Le village de Ponte di Legno pointe son nez, je me réjouis à l'idée de traverser la place centrale. Au moment de rentrer dans le centre village pour le traverser, une moto prend le pas devant, sifflet en bouche, pour prendre l'escorte de la partie de voirie piétonnière, ça ouvre la voie comme l'étrave d'un ferry, j'ai l'impression d'être un élite, c'est très grisant. Arrivé à la place centrale, celle qui accueille T2, il y a du monde, les gens m'encouragent, applaudissent, un ravito. se propose à moi, pied à terre, j'avale un grand verre d'eau, prend une banane et une barre, répond à la question du speaker qui harangue les spectateurs "va bene, si va bene, multo bene, si multo bene" et là j'entend qu'on m'annonce sixième (!???) au classement......HEIN? J'ai du mal comprendre, plutôt seizième...ce qui serait déjà pas mal.....je repars avec ce point d'interrogation, je vais essayer de voir les mecs que je croise sur l'aller / retour dans Gavia et les compter.
Dès la sortie du village, la pente se dresse, c'est parti pour 17 km de montée sans relâche, en passant de 1200m d'altitude à 2652m, on enquille donc un peu plus de 1400m dans la foulée. Je l'avais comparé au Ventoux.....ben effectivement, on est pas déçu. C'est raide, vraiment raide, c'est long, vraiment long! La pente moyenne est de  7,88%, le Ventoux à 7,15%......
Dans les premier kilomètre, un gars me double, il va vite, il est accompagné d'un véhicule qui ira se garer plus loin pour lui filer un bidon, ils m'en propose aussi (!), je décline l'offre, c'est vraiment hyper sympa de sa part. Le gars en question est vraiment rapide, je me demande comment il fait, j'ai tout à gauche et n'avance pas, et puis il faut en garder sous le pied.....je laisse filer en espérant que toute la cavalerie ne débarque pas de la même manière, ce serait un signe très négatif de mon état à ce moment de la course.
On est encore en sous bois, la température idéale, l'altitude se fait sentir. la route devient d'un coup plus étroite et un coup de cul se présente.....la petite vidéo de présentation qu'on avait pu voir sur la page FB de l'organisation me revient à l'esprit.....reste encore environ 9 kilomètres, le passage est vraiment très raide!
Passé ce crux, ça se calme à nouveau mais ça reste intense, il n'est jamais possible de se poser.....je commence à me poser des questions. L'impression que le col n'arrivera jamais se fait sentir. Le panorama s'élargit soudain, je sors de la forêt et découvre un paysage de montagne vraiment chouette.

Ajouter une légende


Enfin j'aperçois les derniers virages, ils ont l'air loin, comme si il reculaient. Ca tire, je suis essoufflé.....je ralentis..... et m'accroche au mur de cailloux sur ma droite pour reprendre mon souffle, peut être une minute. Allé, on repart, les derniers virages arrivent enfin mais je dois marquer une nouvelle pause, là, je mets pied à terre, les jambes en X, les bras sur le prolongateur......panne de mental, un scooter passe avec un cameraman à l'arrière, il filme la scène, je secoues la tête en me marrant, allé, on repart..........un dernier virage, le col est en vue, c'est gagné!
La haut, le vent souffle un peu et il fait frais. J'avais choisi de ne pas déposer de sac à ce col non plus. Les bénévoles se sont affolés pour rien en criant "Numéro nove" dès qu'ils m'ont eu en point de mire.
Je choisis de bien m'alimenter pour la course à pied qui va suivre. Il est 12h35.....j'ai 20 minutes de "retard" sur mon planning.....j'ai sous estimé Gavia, c'est vraiment très dur! j'ai des fourmies dans les pieds...dire comme il faut appuyer pour monter là haut!
Un grand verre de coca, attention, pas trop de sucres rapides, on va pas se taper une hypo. réactionnelle, puis un grand verre d'eau, je fais le plein du bidon, encore une banane, j'enfile la veste coupe vent que j'ai gardé dans la poche arrière de la veste, la pause durera presque 6 minutes....c'est le moment de repartir!

Juste après avoir rechaussé, je croise Patrik qui arrive, on se tape dans la main, "see you later"!

La monté m'aura pris 1h50....descente 25 minutes. C'est raide, très raide et il faut garder les mains sur les freins en permanence, la tête relevée, c'est dur pour les cervicales et j'ai même des fourmis dans les pouces à force de freiner (!). J'accuse quelques petites frayeurs au freinage avec la roue arrière qui dérape....on va pas se la mettre, je calme le jeu. J'ai un mal bien présent qui est en train de s'installer dans le haut du dos, coté gauche, je dois me redresser pour essayer de m'étirer, difficile dans ces pentes.

Peu avant Ponte di Legno, je profite d'une ligne droite pas trop pentue pour retirer la veste coupe vent et la rouler dans la poche dorsale. Ca sent l'écurie! Le panneau d'entrée de village est franchi, comme
lors de la première traversée, une escorte moto prend le devant, ça siffle, je commence à voir du monde, j'arrive à T2, Ursula est sur la droite avec Max qui tend un drapeau Français, c'est un grand moment d'émotion, j'ai la chair de poule, je sors les pieds des chaussures dans cette rue en pente, un, deux, les pieds sont sur les chaussures, la ligne d'entrée dans le parc de transition est là, devant, la jambe droite par dessus le cadre, prêt à sauter......top, le pied gauche touche un beau tapis rouge......bienvenue à T2!

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous


Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

TRANSITION 02

Mais quelle transition!
A peine passée la ligne à partir de laquelle on doit pousser le vélo, le staff est là, hyper présent et actif. Un prend mon vélo, l'autre me montre la direction de la tente où je vais pouvoir prendre possession de mon sac de T2 dans lequel se trouvent mes affaires de course à pied.



Il est 13h05, le planning dressé avant course prévoyait de poser le vélo à 12h45.....on est dans les clous!


Dans la tente, c'est limite si on ne m'enfile pas les chaussettes. Ma transition est un peu "bazaroïde". Je quitte la veste vélo, au passage, refile le coupe vent à Ursula de l'autre coté de la barrière, Harald me propose une bouteille d'eau, je dois sortir le mouchard GPS et le téléphone obligatoire de ma poche dorsale pour la mettre dans le sac à dos trail que je vais porter sur les 30 premier kilomlètres. Prend le sac T2, le retourne, les affaires tombent sur le sol, le bénévole super réactif organise les affaires, les deux chaussures,
chaussettes pour me faciliter la tâche. Les manchons de compression, les chaussettes sont enfilés, je bois un coup, fourre le téléphone et la puce GPS dans le sac, une barre et deux compotes, une bouteille d'eau pétillante à la main, glisse le sac sur mon dos....la casquette, les lunettes, rapide chekup, tout est bon, je peux refiler mon sac T2 au membre du staff et y aller. Des envouragements fusent de part et d'autre, "allé Nico., t'es super bien placé" glisse le fils de Roland Bordet, un autre Français engagé sur la
course. Je crois halluciner, je suis effectivement septième scratch en posant le vélo, c'est juste incroyable. Je quitte l'aire de transition, un rapide petit détour vers Ursula, le temps d'un bisou de force.......et il va en falloir pour sortir les 42 bornes et leurs 2 300m de dénivelée. Encore une tape amicale d'un bénévole sur la hanche gauche puis un claqué de main avec Bârbel à droite, c'est parti!




Vidéo de mon arrivée ici : VIDEO (quelqu'un m'a identifié comme Gorgio Marchesan ;-D)

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous


Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

COURSE A PIED

Il est 13h15, je quitte l'aire de transition T2, en direction de.....l'inconnu!42 bornes et 2300 m de dénivelé, encore jamais fait un truc pareil.

A peine sorti du village et de sa chaleur humaine, je me retrouve seul et me retrouve face à la première bifurcation en hésitant sur la direction à prendre. Des personnes à la terrasse du dernier café à droite m'indique le chemin, cool! Ca part direct dans le raide, un petit bout d'asphalte avant de prendre un virage à 180° et d'attaquer un super parcours sur un chemin en balcon au dessus du village, exposé plein sud, la vue est vraiment chouette. Ca continu à monter encore quelques Km, les
5 premier affichent en fait 200 m de dénivelée (je croyais 500m) et ça se court plutôt pas mal. Le parcours est jalonné de fontaines. Les pentes les plus raides sont malgré tout marchées, j'ai laissé beaucoup d'énergie dès la sortie du village à vouloir courir......Un premier ravitaillement pointe déjà son nez. Courte pause, un verre d'eau et ça repart, ça bascule dans la descente qui s'étale sur les 5 km qui suivent pour retrouver une altitude de 100 m inférieure à la T2, Sur le parcours, j'ai la surprise de croiser des inscriptions faites à la bombe de chantier sur la terre du chemin, "Nico", d'un joli jaune fluo
marque comme ça de manière aléatoire le cheminement de ces 5 km, ça parait dérisoire mais c'est un accompagnement virtuel bien sympathique qui vient aussi rythmer mon itinérance solitaire et me ramène un peu de lucidité. Je descends comme ça 300 m de dénivelée pour retrouver le village de Temu. Je retrouve le bitume et le deuxième ravito., il commence à faire chaud, on rigole avec le staff, toujours aussi génial, plein d'encouragement, tous sourrires, ça fait du bien. Je me rapproche du Km 10 où m'attend ma petite équipe, Ursula, Bärbel, Harald, Max.

Ursula est en vélo et commence à m'accompagner. La forme est encore là......pour combien de temps? Après les dernier hectomètres de bitume, on oblique à gauche, dans la forêt, sur un large chemin de terre ombragé. La pente est raide, très raide, je ne peux et ne veux la courir. Il faut penser à en garder sous le pied pour les kilomètres qui suivent.
Ursula me ravitaille en eau pétillante et en compote, on discute, le parcours n'est pas désagréable. Une succession de montées, longues, et descentes, courtes, nous font arriver au départ d'une piste cyclable, on oblique plein Sud, c'est roulant mais je commence à ne plus pouvoir vraiment courir dans les bosses, mêmes les petites....ça commence à décliner.
Ce cheminement sur la piste se fait en aller / retour autour d'un torrent, l'aller monte, le retour descend jusqu'à re-renconter Ponte di Legno. Dans la montée, Patrik arrive au galop, il court vite, vraiment vite. On discute une minute et il s'envolera en avant.....je recule dans le classement, bon, on oublie pas l'objectif premier, finir la course, donc pas de déception, on est content d'être là, il faut profiter de cette journée. On est au Km 17, Ponte di Legno, je me réjouis de retrouver l'animation de la place centrale par laquelle on va transiter. La descente est courue mais dès que ça se redresse.....ya plus beaucoup de jus. A l'approche de la place, je trottine un peu mais reprend vite un pas plus calme....tant pis, faut se résigner à marcher. Un ravito. de plus sur la place, petite pause, de l'eau et ça continue.

 Le cheminement ensuite n'est pas super clair, on hésité avec Ursula car les rubalises se font timides et rares.....est on bien sur le parcours de la course? Ursula prend le temps de sortir la carte et de vérifier que c'est bon, je continue de mon coté sans certitude.....un aller / retour serait malvenu.....OK, on est bon, ça paraît pourtant surprenant quand on se retrouve en bord de route avec les voitures qui nous rasent et se demandent un peu ce que font des mecs avec un dossard sur le bide à cet endroit. ON attaque le Km 20, Ursula doit me laisser pour retrouver Harald, Bärbel et Max afin de rejoindre le Km 32 en voiture, c'est de là que partira le support officiel de Harald, rendu obligatoire par l'organisation, jusqu'au sommet.
J'alterne des phases de marche et de courtes phases où je trottine tant bien que mal....
Commence là une longue traversée du désert, non pas que le parcours se soit métamorphosé en dunes de sable et de poussière, non, mais un désert mental, un désert de manque de jus et de concurrents à mes trousses.


Cette partie du parcours est redoutable, de Ponte au village de Pezzo se sont 4,5 kilomètres et 300 m de dénivelé, sur route goudronnée, des lacets.....je marche désormais sans beaucoup d'espoir de recourir....on est au Km 24, il reste 8 km jusqu'au Km 32 que j'attends avec impatience, pensant que de retrouver mon "support" serait salvateur.
Un concurrent que je voyais revenir dans les lacets me rattrape, c'est David Smrcka, un tchèque...il courent, lui et son binome, mais comment font ils?
Vient ensuite un autre, italien, qui, bien que moins rapide, passe.....combien seront ils encore à me dépasser de la sorte?

Dans Pezzo, un ravito., je prends un verre de coca.....pouahhh!!! brulant, mince, je repars et fait le détour par une fontaine fraîche à 100m de là, dommage que le staff n'ai pas pensé à s'y poser pour garder les boissons au frais.
J'entame maintenant une partie transitoire, on quitte le goudron pour le gazon, c'est bien mieux, encore une petite montée vers un torrent  avant de redescendre 120 m sur 2 km pour  attaquer une montée de malade dans la forêt. Là, je crois que c'est la fin, j'en suis au 27 ième Km, j'ai beau m'alimenter, ça ne revient pas! La pente devant moi me paraît être un Everest......un gros bonhomme qui me suivait....me double, il ne fait pas parti de la course et semble amusé de voir des mecs en tenue de combat aller aussi lentement.....en fait je suis à l'arrêt, je vacille, courbé en avant, les mains sur les cuisses, la tête tendue vers le haut, mais que c'est dur. Je me reprends et repars, avec beaucoup de difficultés, mais ça repart, la pente ne se calme pas, on est dans du 21% (tracé Garmin)
...
deuxième arrêt, j'ai l'impression de n'avoir vraiment plus de jus, c'est frustrant au possible.....je suis en train de souffler en me demandant si j'allais pouvoir sortir la course quand Ursula est arrivée.....de nulle part, je me demande ce qu'elle fait là, ce n'est pourtant pas une hallucination. Ouf, elle trouve les mots pour me faire repartir....pas bien vite, mais ça repart. Sur ce monotrace dans un bois sombre  retrouve un visage moins crispé, les pas se font plus sûrs....ça revient doucement. ouf, je commençais par ne plus faire confiance à mon expérience, à me poser les questions sur ce qui n'avait pas été fait, ou mal fait qui ne permettait pas à se second souffle de venir.
On avance comme ça doucement, mais on avance,et les kilomètres aussi, on entrevoit le 31 ième puis....le 32!

Mama, du monde, un ravito, des sourrires, Harald, Bärbel et Max sont là. C'est le moment de laisser mon sac à dos, Harald en a un et va pouvoir prendre le téléphone obligatoire et le GPS. Je donne le sac à Ursula, change de chaussures laissant mes chaussures de course à pied "classiques" pour mes chaussures de trail, plus rigides et plus stables pour attaquer la partie plus technique et cailloux de ces 10 derniers km.

Qu'est ce que ça fait du bien de se retrouver sur cette partie du parcours, on s'imagine déjà sur le sentier de montagne....presque. Harald remplace Ursula, on discute beaucoup, le pas est rapide mais impossible de courir, c'est maintenant l'attitude qu'il faudra garder jusqu'au bout. La vue est encore bouchée par la forêt sur le col Paradiso, on est au Km 33....MINCE, en discutant, on s'apperçoit qu'on a oublié de sortir le téléphone et le GPS de mon sac de trail pour le mettre dans le sac d'Harald......qui n'a pas non plus son téléphone. La guigne, on est marron. Harald sait qu'Ursula, Bärbel et Max seront à Tonale, à 1 Km, il faut faire vite pour les rattraper avant qu'ils ne prennent le téléphérique pour le col.....Harald part en courant (la pente est forte)....et disparaît, je ne le vois plus. Mince, on est pas forts! Je continue comme ça et arrive à Tonale, le grand parking du téléphérique, la voiture que je reconnais, mais personne! Mais où sont ils passés? J'éspère qu'ils n'ont pas pris le téléphérique, ils devraient être au ravitaillement du col, un peu plus loin, celui avec la dead line de 21 heures pour laisser partir les derniers coureurs vers Paradiso.
Il est 18h00....on a de la marge, par contre, si on a pas le téléphone et le GPS, on sera bloqué à ce checkpoint et il sera impossible d'aller plus loin!

Galère, Harald est plus loin que le parking quand Ursula apparaît derrière lui, elle court, elle arrive à sa hauteur, sauvés! En fait, quand on a quitté le Km 32, peu après notre départ, elle s'est rendu compte que le téléphone et le GPS étaient restés dans mon sac, a pris la voiture pour essayer de nous coincer sur l'itinéraire qu'on avait imprimé mais .......qui ne correspondait pas au tracé sur place, ne nous a pas vu, c'est garée plus haut, est redescendue, à causé avec un berger en italien, est remontée.....pour finalement nous retrouver.
On  a eu chaud. Arrivés au checkpoint, on explique ce détail au staff qui aura un drôle de tracé sur son écran. Le téléphone et le GPS dans le sac d'Harald, c'est OK, on peut aller plus loin. Une petite pause au ravitaillement, j'ai un point de contracture super aigu à l'omoplate gauche, ça doit venir du sac porté sur les 32 premiers Km.




Le staff est génial, beaucoup d'encouragements, de la part des supports des autres concurrents qui attendent leur coureur aussi. Bärbel me masse un peu l'omoplate, je bois un verre, on repère le tracé de ce qui va suivre....mais que c'est loin, mais que c'est haut. De là, on a du mal à imaginer pouvoir rejoindre ce point haut. Le parcours n'est pas direct, il faut en plus faire un gros détour pour passer derrière une épaule avant d'arriver à voir le col en question. Ca promet d'être long et difficile.
Je commence à ne plus pouvoir m'alimenter correctement, prend quand même un abricot séché avec un verre d'eau, il est temps de repartir.
18h05, Francesco, lors du briefing avait parlé de 2h40 en se traînant.....on cape sur 2h30 de montée, ça nous amènerait à 20h30, mon scénario très optimiste projetait une arrivée au sommet pour 19h30, je crois qu'on sera loin du compte.

Sous les bravo des gens présents, on repart, à l'assaut de la dernière difficulté de la journée, on est au 35 ième Km, reste 7 petits (mais costauds) Km, avec encore 900 m de dénivelée. Bârbel, Ursula et Max vont pouvoir prendre le téléphérique tranquilles pour nous attendre au sommet.

Ca commence sur un chemin large et graveleux, ça redescend d'abord légèrement avant de monter régulier à 10/11%......arrive un autre concurrent qui va passer lentement en marchant lui aussi accompagné de son support, on discute un peu mais il va vraisemblablement plus vite et va passer devant. Km 38, reste 800m de déniv., c'est le moment qu'aura choisi ma montre pour s'arrêter de fonctionner, il est 18h45. On est en train de discuter de choses et d'autres, combien sont passés, la place au classement, pas important mais on se prend quand même au jeux et l'esprit de compétition ne peut pas s'en aller comme ça, alors on lutte, on lutte pour ne pas ralentir, maintenir un rythme, placer les pieds aux bons endroits. Le chemin large fait place à du sentier de montagne, celui dont on rêve, celui avec vue sur les glaciers quand on sort de la végétation haute. on croise un dépôt d'anciens télésièges et une voiture de police qui nous renseigne sur l'altitude et les mètres de déniv. qu'il nous reste à accomplir. Il en reste 400!!!. Le paysage est magnifique, on s'en émeut, même si je ne lève pas vraiment la tête, tout paraît compliqué, poser ses pieds avec stabilité, respirer...oui, j'ai l'impression d'avoir deux points de coté, un de chaque coté....mais ça continu. Un deuxième binome nous talonne, on les voit se rapprocher, mais le sommet, dont on ignore la distance qui nous en sépare, aussi.





Harald me donne les écarts en mètres, 80 mètres, je tente d'accélérer, y parvient....mais éprouve d'un coup des vertiges, une tête qui tourne, l'envie de vomir...mince, je dois vraiment m'arrêter, c'est mon ami l'abricot de Tonale qui veut aussi voir la montagne et demande à sortir. Burp...voilà mon ami l'abricot, tu es libre. Aussitôt, tout revient plus normal, plus de tête qui tourne, je me relève et on repart. Harald reste derrière pour ne pas donner de fausse allure, c'est vraiment bien. Un coup d'oeil en arrière, maintenant c'est au tour de nos poursuiveurs de lever le pied.....on rigole car c'est en train de  ressembler à une espèce de course d'escargots, les silhouettes comme au ralenti dans un duel pourtant bien réel. Un moment on se rapproche même de nos précédents doubleurs qu'on garde en point de mire, quelques minutes devant...mais on ne parvient pas à recoller. Le parcours reprend un peu de raideur et amorce un virage en S dans la caillasse, on ne le sais pas encore mais en fait on est à environ 1 km de l'arrivée. On traverse un dédale de gros blocs de granit....une pancarte..."last Km", boum, un regain de force se fait alors sentir, sans que rien d'autre que la lecture de la pancarte n'ait été fait, je pars en courant. Elle est là l'adrénaline dont on parlait en montant avec Harald qui se fait surprendre et doit accélérer le pas pour coller au mien. On arrive à un point de basculement du parcours......l'arche d'arrivée est en vue, ben ça alors, si je m'attendais à ça! 

J'ai l'impression d'arriver sur une station orbitale, on passe devant des photographes qui nous félicitent, je fais gaffe à mes pieds parce que ça redescend un peu, ça passe à droite d'un petit lac bleu / vert, allé, plus que quelques mètres, je scrute vers le haut, pas d'Ursula, pas de Max, pas de Bârbel....
Photo RESTUBE
au pied du dernier mur, une belle bosse caillouteuse, j'arrete de courir, savoure ce moment imaginé si souvent lors de mes entraînements.









 je regarde le haut de cette arche qui se rapproche, je me baisse pour toucher du plat des deux mains le tapis rouge au sol, Harald s'éloigne (le règlement demandait au support de ne pas franchir la ligne en même temps que le coureur), je lui fais signe de revenir, on se prend par la main.....au droit de l'arche, on passe la ligne ensemble, Ca y est, je suis Stonebrixiaman finisher, il est 20h01.....



On aura finalement pas été aussi longs que prévu, une demi-heure de moins, du coup, mon trio sensé nous attendre à l'arrivée est monté sur le sommet en face pensant nous voir arriver et descendre de ce promontoire pour faire l'arrivée ensemble mais ça n'aura pas fonctionné, ....on est arrivés trop tôt!


Si on regarde de près, on verra sur la photo ci-dessus les trois petits points sur le sommet derrière à gauche: notre trio!

A peine la ligne franchie, on est agréablement reçus par Francesco, à bras ouvert pour une franche accolade, celle d'un ami plus que celle d'un organisateur, c'est hyper touchant d'être accompagné et reçu de la sorte, à vrai dire, du jamais vu. (....sauf pour Marcel Zamora à Embrun....)

Un vrai moment de bonheur partagé, on voit Francesco heureux d'accueillir ses athlètes au sommet, un régal! Il me remet la veste en duvet des finisher, encore un point positif, on est loin de l'habituel tee shirt finisher.

Il est temps de s'éloigner un peu de la ligne, mes poursuivant arrive bientôt.
Harald part à la recherche de notre trio....dans le local du restaurant d'altitude lié au téléphérique, personne! On est presque inquiets lorsqu'ils arrivent soudain. On est heureux de se retrouver, on rigole sur l'énumération de ce petit loupé.....
mais c'est un détail.
Bârbel me montre le cliché pris depuis le sommet en face quand Max à crié, "hé, ils sont là, ils arrivent!!!" Je trouve la photo géniale!
Photo prise d'en face....".ils arrivent !!!"



Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous


Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

ARRIVEE & APRES COURSE

Photo RESTUBE
La course est terminée.....mais pas tout à fait. l'organisation a une fois de plus pensé à tout. Le restaurant du terminal des remontées mécaniques de Passo Paradiso nous attend avec un buffet offert au coureur et leur support, royal. C'est juste incroyable, le buffet est top, les serveurs nous proposent tellement de trucs....mon estomac ayant fait des siennes peu avant, je reste modéré, deux cuisses de poulet, une soupe.....un dessert de fruits rouges et un eau gazeuse. Mais que c'est bon!
On ne traînera pourtant pas car la navette des descentes en téléphérique ne permettra d'avoir une benne que toutes les heures, on doit donc faire fissa pour chopper celle de 21h00.
On débarque à Tonale, prend la voiture pour le camping à Temu. Il faut encore passer par Ponte pour aller récupérer le vélo et les différents sacs. Un rapide aller et retour, les vélos ont été stockés dans un local sur la place centrale, tout est rangé au top!
Retour au camping, douche chaude et dodo!
Le lendemain, doit avoir lieu la remise des prix à 11h00 sur la place centrale de Ponte.....on arrive à 11h00 mais ils semblerait qu'on soit passé à coté. Effectivement, la cérémonie a eu lieu visiblement avant (!?) dommage, ça avait l'air chouette. Mais une surprise nous attend à l'hotel Mirella, un peu plus loin dans Ponte di Legno.
L'organisation a prévu un buffet de clôture. On se dirige donc vers l'hôtel, très classe.
Là, on halucine, c'est en fait un buffet digne d'un mariage qui nous est offert, au coureur et à tous les accompagnants. Juste incroyable.


On croise Francesco qui me demande de patienter un petit moment, il a une surprise pour moi. Il revient un moment plus tard avec une pierre. La pierre en question est gravée à mon nom, elle est là pour couronner l'arrivée d'hier. Un très beau cadeau!


Une belle manière de clôturer l’événement. Repus comme des papes, on quitte le local....


Après ça, place à la détente, savourer l'après course et profiter de la région, retourner sur Iséo et son lac pour se balader. Des souvenirs pleins la tête, on digère tout ça. J'apprendrais un jour après que j'ai fini 14ième de la course, la cerise sur le gâteau, même si en prenant le départ de cette course et en cours de course, le classement n'a jamais été un objectif.
En prenant le départ d'un course de cette ampleur, on vise avant tout la finishline, sans objectif précis de chrono mais plutôt avec celui de se faire plaisir.
La bonne nouvelle, c'est aussi que le lendemain de la course, je ne souffre d'aucune douleur particulière, je me sens incroyablement bien et le tour de vélo que je ferais 4 jours après me confirmera que la forme est bien là!

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous



Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

CONCLUSIONS

Sur la veste en duvet offerte à l'arrivée, cette phrase. Un beau résumé de ce qui n'est vraiment pas une course comme les autres.

Peter Oom, qui fini quatrième décrit la course en la comparant à d'autres courses extrèmes en ces termes:

"What a race! StoneBrixisMan was a completely INSANE race,
I have been fortunate enough to race in many spectacular races, including Ö till Ö, Ironman Hawaii, Xterra Maui, and many of the “extreme” triathlons – Norseman, Celtman, Swissman and now StoneBrixiaMan.
The Norseman is The original, The Celtman is the raw and rugged and the Swissman is a real beauty. StoneBrixiaMan surely qualifies as one of the great ones. The StoneBrixiaman surely will be the harder one with 4000 meters of climbing on the bike and 2000 on the run…"
Il conclut aussi: "Franceso and the rest of the team has created a fantastic event. Thank you for letting me experience it."

Et c'est tellement vrai! Tellement vrai que je resigne pour le départ en 2017. Le rendez-vous est pris. En attendant, restera ces traces écrites pour patienter tout l'hiver. ;-D

Encore une remarque, tout le long de la course on aura été suivis par des photographes et des caméramen. Les clichés et films sont visibles ici. Une avalanche d'images!

Photos:

Paolo Ferraglio 
https://goo.gl/photos/sRk9eMfgdhZ39Csq5
Giulia Greotti 
https://goo.gl/photos/WosFGp76oR38Fvof8
Daniele Pezzoni
https://goo.gl/photos/sStdm4nQzcbAWW5b7
Federico Rongaroli
https://goo.gl/photos/cfQkuSu4oHnZ5f4i6
Ottavio Tomasini
https://goo.gl/photos/1xCDcFdMqJ7LXW4y9


Vidéos:
https://www.youtube.com/watch?v=P1ahyLlqugk

https://www.youtube.com/watch?v=aVgxEyR8Emo&feature=youtu.be

Et si l'envie vous prenait de participer, le lien vers l'inscription ici:

http://www.stonebrixiamanxtri.com/

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous



Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!