lundi 5 juin 2017

VENTOUXMAN 2017

Le #VentouxMan 2017, j'ai voulu faire court.....mais je n'y suis pas arrivé! 

La course qui a failli se terminer en DNS (Did Not Start) dans le classement final. Quand tu te claques un mollet le vendredi soir, que tu va chercher ton dossard le samedi en boitant, que l'Ostéo. que tu consultes là bas te déconseille de prendre le départ avec le risque de rupture de l'attache du muscle ( !???), que t'es Out pour 8 semaines (!).....tu gamberges. Partira, partira pas ?
Je décide de prendre le départ en me disant qu'il se plantait. La course se fera par étapes, en sensations, nager, et si ça va, je roule, et si ça passe, je cours.....et finis si tu peux !
Bon, quand même pas top pour aborder « le Géant de Provence » mais l'idée s'installe et les objectifs s'écartent pour laisser la place à une course plaisir, sans pression (même si quelque part je me demande « et si il avait raison ? »

Avec Ursula, on squatte le plan d’eau avec le camion bleu en mode campeur. 5h00 réveil, 6h10, parc T1, on est cote à cote avec Christian (dossard 450) et c'est bien cool de ne pas être seul sur ce départ. Combi enfilée....hummmmm, ça tire sur la patte.











Pan, 7h25, départ, beau soleil après la nuit de pluie et les orages de la veille, eau transparente, je me cale une allure ni trop speed, ni trop stress, juste ce qu'il faut, cherchant les pieds de celui que je n'arrive pas à dépasser, puis le double quand je trouve que ça va finalement pas assez vite et ainsi de suite. 






Jamais eu une natation aussi paisible, ça passe vite.....






........même si au final la montre beepe deux fois (signal vibrations à chaque km) et qu'il reste encore 300m jusqu'à la sortie.


Le tapis rouge du parc T1 est bientôt visible avec la rampe de sortie, beep, 2300m, 34minutes, 1min30 au 100m, plutôt pas mal par rapport à ce que je sais faire d'habitude. C’est de bonne augure ! Alors, le pied sur terre, il dit quoi le mollet....il dit, ça va, continue.

Alors on y va, transition plutôt longue, mais il faut tout ranger dans le sac qui sera amené à la T2 et la manche droite de la combi qui passe mal (la montre), poc, c'est parti pour les 94 bornes de vélo et ses 2200m de D+. Les premier 60 km sont hyper roulants, même si quelques bosses et du vent pas toujours dans le bon axe. Je pars en restant dans l'idée d'y aller mollo, et si je remonte pas mal de monde, notamment les filles parties 10min avant, j’appuie moins fort que ce que je ferais si je n'avais pas la crainte d'avoir le mollet qui lâche, comme si bien décrit par mon Ostéo préféré de la veille.....donc, quand une flèche me double, je ne pars pas derrière, je gère mon allure, point barre ! J'aurais à faire cet effort quelques fois sur le roulant, puis vient l'attaque à Bédoin, la montre affiche 34 km/h de moyenne tout rond. 




C'est parti pour 20 bornes de grimpette. Je tourne souple (quand c'est possible) et rond, les parties raides sans m’essouffler. Là encore, mais moins vite que précédemment, quelques bonshommes passent devant.....rester sage, rester sage ! Premier ravito dans la côte, les Km passent lentement dans les pentes du Ventoux, et les touristes qu'on double ponctuent le parcours. La température se fait plus fraîche, presque froid dans le km qui précède le chalet Raynard, puis vraiment frais, la combi est trempée et ne sèche pas, le vent glacé de face est bien présent. 

On attaque la partie pelée, que c'est beau ! Ambiance sur réaliste avec un brouillard qui masque le haut puis s'entrouvre pour laisser une image furtive de ce missile rouge et blanc, là bas, loin en haut. 



Que ça paraît loin, pourtant, le compteur me dit que seul restent 4 km jusqu'à la bascule. Mince, pas mal aux cannes, le mollet tient bon, le moral est au vert, vert fluo même…..mais alors.....et si je le finissait ce Ventouxman ?

Un son familier me sort de ma torpeur, c'est la clochette que prend Ursula pour m'encourager lorsqu'elle est sur une course avec moi. Je l'entends tout là haut, elle est au sommet, elle est venue par l’autre coté en VTT et m'a repéré de loin, la clochette sonne de plus belle, et un « Allé Nico. » feutré comme par le brouillard mais bien perceptible arrive à mon oreille.




Aux anges d'être déjà sur ce point de passage crucial et symbolique, je franchi le sommet, constatant un niveau de forme et de fraîcheur très positif. Hop, on passe les deux bagnoles de gros nases qui sortent de leur place de parking au moment même où je passe, slalom à gauche, ça passe, la descente est lisse et belle, une petite pointe à 73 km/h...difficile d'aller plus vite avec les voitures qui remontent et doublent large les cycliste qui montent depuis l'autre coté.
Trop court mais trop bon, le rond point de l'entrée dans la station arrive, virage à droite, au fond la parc de la T2, je sors les pieds des chaussures, posés dessus, cadre enjambé, deux pieds à gauche, ligne blanche, arbitre, je saute sur une sol dur, mais dur, du goudron de ce parc qui range sur deux files seulement les presque 900 vélos des partants (850 sur le solo, 30 sur les relais), super long le parc, le mollet ? pique, pique, mais pas non plus un coup de poignard, je remonte le reste du parc en comptant les numéros.....ouf, 449, on y est ! Il m’a l’air bien vide ce parc ? Mais à vrai dire, je ne suis pas dans l’état d’esprit guerrier et ne tire pas de conclusions sur ma place dans le classement, étant toujours dans l’interrogative de finiras / finiras pas, prêt à bâcher à tout moment si la douleur devenait plus aigüe !

Le vélo, vite accroché à la barre support, casque enlevé, affaires dans le sac, sortir le matos running, partir. Le speaker à remarqué la tenue de l'asph et commente ma transition, j’y prend plaisir et ça galvanise ! 

Sortie du parc pour l'attaque de la première des quatre boucles, je suis seul, les écarts des arrivées vélo sont assez creusés. Je me sens incroyablement bien ! Et le parcours, ça commence par un ravito. stratégie eau / coca, tout est bien frais, au top ! Je n'ai toujours aucune idée de ma place dans le classement, en fait, à ce moment de la course, je m'en balance ! Juste heureux d'être encore là ! Le tracé attaque par une belle descente que je fais sur des œufs, faudrait pas y laisser l'ami mollet, goudron, herbe, terre, cailloux, terre mouillée, sous-bois, montée casse gueule, re-ravito, re-déscente, re-montée, on relance pas trop, faut pas tirer sur la patte malade….....le parcours est juste génial, hyper ludique, les senteurs de sapin, la vue de ouf à une sortie du bois.....je suis déjà revenu à la T1, 



on la longe par dessus, dans l'herbe, Ursula et la clochette sont revenus et là pour m’encourager, ça descend, je vole, j'ai mal, mais ça tient, j'y vais. Suivront les boucles 2-3-4. L'allure se maintient boucle 2 (11,5 km/h) et la densité des coureur se fait plus importante, je double dans les descentes et sur le plat, c’est casse gueule, les monotraces t’envoient dans les herbes hautes où le relief est peu visible, attention aux chevilles ! 





Je vois le vélo de Christian dans le parc, on ne doit pas être loin l’un de l’autre, heureux de le savoir là.
Beaucoup moins bien boucle 3 avec un marché dans la montée du bois et sur un court passage le long du parc à vélo.....

boucle 4, on regagne un peu en sachant que c'est bientôt terminé.....vraiment ? Je me retrouve à douter, compter les chouchous, si si, y'en à bien 4, alors c'est fini, je le sors et pas de casse.....merdouille pour le classement, faudra revenir, c'est sûr ! 


L'arche d'arrivée en vue, j'accélère comme un benêt, le speaker m'accompagne sur cette dernière partie en commentant mon arrivée, je vole là encore. C'est fini, ligne d'arrivée franchie, beep de la puce, le speaker m'annonce 66 ième bonhomme, 6 ième V2M, hein ??? possible ? Ben, en fait si, hyper heureux de ce classement même si en deçà de ce que je visais avant la blessure.....mais pas si loin, Idéalement, je voulais passer en moins de 6h00, je passe en 6h13....le mollet est douloureux mais ça a tenu bon. Allé, on se le refait l'an prochain ?



mardi 19 juillet 2016

STONEBRIXIAMAN XTREME TRIATHLON, Edition Zéro, 09 - 07- 2016




...2016, je m'étais dit "pas d'Embrunman cette année" (.....encore que!)  en m'orientant vers le Norseman......pour finalement participer au STONEBRIXIAMAN XTREME TRIATHLON, un nouveau triathlon "full distance"  (3.8 km natation, 180km de vélo, 42.195 km course à pied) "Xtreme", car affichant des difficultés de dénivelées importantes, + 3700 m sur la partie vélo et + 2300 m sur la course à pied typée trail, affichant ainsi  + 6000 m de dénivelée sur l'ensemble du parcours. La course se déroule en italie, entre le lac d'Iseo et le village de Ponte di Legno. Des passages à 2600 m d'altitude sur le dernier col en vélo et l'arrivée à 2585 m pour la course à pied, corsant un peu plus encore cette course exeptionnelle...tout un programme.
Cette épreuve figure désormais dans la liste des triathlons dits extrêmes avec le Norseman (mythique précurseur), le Swissman, le Celtman, le Austria Extreme, l'Evergreen, le Winterman.....et d'autres courses de malades.

L'idée de participer à cette course est arrivée après avoir reçu une lettre de l'organisation du Norseman précisant que je ne faisait pas partie des tirés au sors. C'est par le biais d'Anthony Bavouzet, triathlète passionné à qui j'avais communiqué la nouvelle, que le lien vers le site internet de ce nouveau "Xtreme" m'a été communiqué.
Le site est alléchant, des paysages de fous dans les alpes Italiennes, la natation dans le lac d'Iséo, le dénivelé important sur la partie vélo et course à pied.....il ne m'aura pas fallu + de 10 minutes pour me dire qu'il fallait y aller.

Plus qu'une course, sur ce format là, c'est une petite aventure qui doit se préparer longtemps à l'avance pour ne pas être pris au dépourvu. Alors on bouffe des km de cotes, des km de déniv. des épreuves préparatoires, des sorties pourries sous la pluie, des km de natation en piscine (beurk, je préfère la mer....mais année trop froide et peu de nat. en mer cette année) pour que le jour J, l'organisme et le mental soient au rendez-vous.

Alors voilà, les vacances de juillet se sont organisées autour de l'épreuve, en famille, avec 10 jours de bloqués sur le secteur en profitant de lieux vraiment super sympas et d'une population qui l'est tout autant, avec au milieu cette journée de fou qui restera comme un souvenir impérissable, le 09 juillet 2016 je devenais STONEBRIXIAMAN!

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Avant la course

Inscrit le jour de l'ouverture du site d'inscription, le 25 novembre ( je m'étais même levé à minuit pour être sûr d'avoir une place) ça me laissait pas mal de temps pour préparer l'épreuve. Être inscrit tôt, c'est la garantie d'avoir une motivation d'acier tout le long de la préparation. Les courses intermédiaires deviennent des préparations et non des buts en soit et on apprend à concéder du temps pour cette course ultime, sans se tromper d'objectif.

A la clôture des inscriptions le premier avril (si-si!) me voilà donc sur la starting list, N°9! Le nombre d'inscrits est de.....80! Mince, est ce que j'aurais pas fixé la barre un peu trop haut,? Je me souviens m'être choppé un coup de chaud une fois en refaisant le point sur les parcours de ce Stonebrixiaman.
La natation, se déroulera dans l'obscurité totale puisque le départ sera donné à 4h00 du matin! Sur le modèle du Norseman, on sera lâchés depuis un bateau au beau milieu du lac, bateau duquel il faudra sauter dans une eau sombre, pour effectuer les 3 800 m de natation, glop!
La partie vélo, si on est pas trop à la ramasse sur cette partie natatoire "by night", attaque vers 5h15 du matin. Là, le manuel de course précise qu'il faudra une lampe éclairée avant et arrière sur l'ensemble du parcours. Le départ effectivement se trouvera à cheval sur les premières lueurs du jour. Les premiers 60 km sont d'un faux plat montant (250m de D+) en traversé de villages, vient ensuite la première vraie difficulté, le col Passo di Mortirolo. le nom, évocateur pour les cycliste avertis, ne me disait pourtant rien. Le détail de son cheminement lui, m'a tout de suite assis, 2 000m de D+ sur une trentaine de bornes, des passages raides, très raides à 16%/18% pour une moyenne autour de 7.5%. Après une descente tassée, une montée régulière jusqu'au joli village de Ponte di Legno, blotti au pied de sommets de + de 3 000
 m d'altitude, le célebre et redouté col de Gavia, là encore, beaucoup de déniv (1 600 D+) sur 23
Passo di Gavia
bornes environ, 7.8% de pente en moyenne.....assez similaire au Ventoux....pour regagner en aller retour le village de Ponte di Legno ou nous attendra l'aire de transition T2.
Bon, la natation, je sais faire, le vélo, je sais faire.....la course à pied?
Oui, le dessert! Un vrai marathon (les 42 y sont bien pesés) avec un dénivelé de 2 200m.....et ça, je ne sais pas encore faire après la partie vélo...mais en fait pas non plus déjà réalisé "à sec" avant ça. Donc, le gros doute subsiste sur mes capacités à finir cette course = coup de chaud en y pensant!
Le départ de Montpellier est programmé le lundi 04 en voiture, on voyage tranquille, la distance est importante. Une première étape Montpellier / Briançon, on va squatter notre empladcement préféré dans la vallée de Névache, au pied du col de Montgenèvre.
Une petite sortie trail au dessus...pour ne pas rouiller (5KM et 350M de D+), une bonne nuit, bercés par le son du torrent de la Clarée...et reveil un peu frais (11°C). Deuxième jour, passage en Italie, le cheminement est simple, par l'autoroute, Milano > lago d'Iseo.
On va piquer une tête à Marone, je nage 2 bornes dans une eau assez claire mais trop chaude....en tout cas cela permet de prendre quelques repères sur ce  plan d'eau qui accueillera la partie nat. de la course de samedi.


Le reste de la fin de journée sera occupé à chercher un emplacement de bivouac.....impossible, par des routes "extrêmes", ou raideur et étroitesse nous font faire finalement demi tour et squater un virage en bordure de route, seul endroit plat rencontré sur les bornes de bagnole déjà faites, et vue l'heure avancée, on s'en contentera.


Le 06 Juillet, on lève le camp pour Ponte di Legno, après un petit tour ensemble en vélo entre Marone et Pisogne en empruntant la magnifique ancienne route tout au bord du lac, seulement accessible aux vélos et piétons. Juste génial. Petite halte picnic et baignade avant Pisogne ou on fait connaissance avec les serpents d'eau du lac (Max les adore), miam miam.

Après ça, on se sépare, je prend le vélo depuis Marone pour faire une reco. des 45 premier Km du parcours de la course jusqu'à Capo di Ponte, Parcours effectué rapidement avec le thermique qui me pousse plein fer, 34.7km/h de moyenne (!).....rassurant 3 jours avant la course.
On retrouve ensuite l'équipe du "support crew", Harald, "Beaux papa" et Bärbel "belle Maman" au camping Presanella de Temu à 3km5 de Ponte Di legno.
Emplacements au top, on est quasi seuls, proprio sympa, douches chaudes (!) et propres, le luxe quoi!
La nuit est fraiche et reposante, le sommeil est l'élément important de l'avant course....régénération.


Le 07 Juillet, on décide de partir en rando. pour un petit tour du coté des lacs d'Avio, situés 700m au dessus du camping. Altitude 1900, se sera une petite acclimatation.....même si la descente fait bosser les quadris. Les paysages sont vraiment chouette, les glaciers en vue, la montagne!

Au retour, Ursula et moi partons pour un petit tour d'observation en vélo dans Ponte di Legno. On emprunte quelques parties du parcours à pied dont la signalisation (pencartes et rubalises) est déjà en place. Mama, c'est raide!

La place centrale du village est trouvée, l'aire de transition T2 est en train de se monter, on hallucine sur ce choix du lieu parce que très intimiste, en plein coeur de village, entre deux escarpement de la ville. J'imagine déjà le premier passage en vélo avant de rejoindre le col, traversant les rue pavées.....et l'arrivée à T2. Ca va être énorme!
Je simule mon arrivée de samedi en accrochant mont vélo sur une des barres en place....l'impatience grimpe.

C'est le moment de préparer traditionnellement les affaires de course. La logistique est compliquée avec une natation éloignée du village de Ponte di Legno et la possibilité pour un "support team" de suivre son coureur. Aussi, il faut définir où et quand on va se renconter avec Ursula et Harald avec qui sont prévu des échanges de nourriture et de vêtements.



J'ai édité un plan de course qui définit mes passages vélo et course à pied.

Plan de course vélo



J'imagine sortir de l'eau en environ 1h15, compte tenu du fait que nous allons nager la nuit. Je prévoit une transition 2 pour 12h45. Ce plan de course vélo que j'aurais sur le vélo, entre les prolongateurs, me permettra aussi de mieux situer mon cheminement et à doser mon effort.

Plan timing de la partie course à pied
Le plan course à pied est lui, après avoir pu voir quelques parties du parcours sur place, je
pense très optimiste! Il me fait arriver vers 19h15 au sommet.....mais qui vivra verra!

On prévoit qu'Ursula m'accompagne sur le course à pied à partir du Km 10 environ, passage du parcours à proximité du camping Presanella où nous campons. Elle fera un bout avec moi avant de rejoindre le Km 32.

Le 08 juillet, départ de la navette proposée par l'organisation de la course pour les coureurs ayant fait le choix de résider sur Ponte di Legno, joli village de Montagne, station de sports d'hiver, autour duquel se déroulera une grande partie de la course avec l'aire de transition T2 s'y trouvant et la course à pied tournant autour.
Je m'attendais à voir un bus sur le parking mais c'est en fait Francesco, le directeur de l'épreuve, qui arrive avec son Vito, nous ne sommes en fait que 8 à avoir fait ce choix. Les présentations sont faites, on se sent presque en famille! J'ai l'impression de partir en colonie de vacances.
Une camionnette arrivera en parallèle pour charger les vélo et deux des 8 gars.
Départ vers 11h00, arrivée à Marone vers 13h00 à la salle communale où nous attend un repas pris en charge par l'organisation. Pasta pomodore, parmagiano à gogo, fruits, etc....royal.

C'est le moment de prendre possession du package coureur, et là, on est comblés! Pas moins de 6 sacs sont donnés, 1 en tissu contenant les autres,  1 pour laisser ses affaires de natation à la sortie de l'eau, que l'organisation nous ramènera à T2, 1 pour des effets perso. au col de Mortirolo, 1 autre pour le col de Gavia, un pour laisser ses affaires de course à pied qu'on aura à T2, 1 pour ses effets personnels qu'on voudrait avoir à l'arrivée et enfin, 1 contenant le bonnet natation et le Restube (voir plus loin) destiné à sécuriser la partie natation.



Cerise sur le gâteau, l'organisation offre une trifonction personnalisée aux couleurs de l'événement, le NICO FRA en jette! Super qualité....mais je me suis planté en donnant ma taille, elle est donc trop petite ( mince....j'aurais pourtant été fier de la porter, quel blaireau je fais!)


Le briefing est prévu pour 18h30, après le dépôt des vélos au parc. Je choisi de prendre la direction du lac pour prendre un moment de repos car la nuit qui vient sera courte, lever prévu à 2h00 pour un départ à 4h00. Je ne résiste pas à essayer la trifonction en piquant une tête dans le lac......elle est effectivement trop petite, mais c'est ma faute....grrrrr!
Passons, il est temps de déposer le vélo au parc de transition T1 à quelques centaines de mètres de ma petite plage privée. Casque sur la tête, dossard et étiquettes en place sur le vélo, l'entrée dans le parc est décontractée, je vais jusqu'à mon emplacement, N°9, tout de suite en sortant de l'eau. L'aire est sur la promenade su lac, proche de l'embarcadère du bateau qui fait les traversées jusqu'à la grande île de Monte Isola.

Le vélo en place, il est temps de rejoindre la halle des sports pour le briefing.

Le briefing est bien entendu en Italien, mais traduit (bien) en anglais. C'est Francesco, le directeur de course qui s'occupe des traductions et c'est bon. l'ambiance est super détendue et je dois avouer que la clarté des explications et l'ensemble du truc vont vraiment détendre l'atmosphère, on a plus l'impression de partir sur une longue rando. que sur un iron très dur et c'est plutôt bien.
Allé, un petit passage vidéo du briefing, j'adore!


Après le briefing, photo souvenir devant le plastron des sponsors. Le repas du soir, offert par l'organisation,  sera servi dans la foulée, vers 19h30. Même menu qu'à midi mais vraiment aucun problème avec ça. Je suis invité par les deux autres français présents sur la course à rejoindre leur table. Ca cause bien entendu triathlon, what else! Repas avalé, repus comme un pape, il est temps de préparer la nuit, l'organisation proposant aux coureurs esseulés comme moi de coucher sur place.

Après une bonne douche dans le gymnase, je choisis le terrain de foot synthétique extérieur, la température est élevée (+ de 30°C). J'ai mes matelas thermarest avec moi, mon duvet et même un oreiller, grand luxe. D'autres coureurs feront le choix de l'herbe juste à coté, un silence précieux et bien venu s'installe.......en dehors du ronron de l'usine se trouvant non  loin de là et du chien bavard qui aboiera toute la nuit. Deux morceaux de clinex roulés dans les oreilles m'aideront à malgré tout bien dormir!

La nuit sera cependant très courte, 21h30 > 2h00. Le réveil sonne, certains sont déjà debout, d'autres prolongent un peu la nuit. Le temps de rouler les matelas et de ranger le duvet dans le sac étiqueté "personnal", je me dirige vers l'intérieur du gymnase où doit êtrte servi le petit dej. offert par l'organisation mais là, surprise, rien! Niente. Mince, une livraison n'est pas arrivée et rien de dispo. à part la bonne volonté de la personne du bar qui propose de faire cire "la pasta".....mais le temps étant compté, je choisis un  peu désappointé de me diriger vers l'aire de transition T1. Je déciderais de sacrifier les deux sachets de 4 biscuits petit dej. de Lu que j'avais prévu d'embarquer sur la partie vélo. Tant pis, ce n'est pas si grave, je ferais le plein au premier ravito. vélo (il doit y en avoir tous les 30 km).
J'ai environ 45 minutes de temps avant l'arrivée de la barge prévue à 3h30 qui doit nous amener sur le point de départ entre la rive Est et l'île de Monte Isola. Je mange donc mes biscuits et m'hydrate généreusement. La température est douce, autour de 17°C, tout est très silencieux, les halos des lampes frontales et de l'éclairage public sont reposants.

Un aller retour au vélo pour y déposer les affaires à prendre sur la course et y déposer le sac devant recevoir les affaires de natations. Au passage de l'entrée dans le parc m'est remis la puce de cheville et un mouchard GPS qui devra nous accompagner sur la partie vélo et course à pied. Ce mouchard permettra de vérifier le bon suivi du parcours par les coureurs et aussi de les suivre en temps réel le déplacement sur une carte avec le classement de course pour les proches voulant suivre un des leurs.

Devant mon vélo, accroche du dossard au prolongateurs, le topo du parcours, la veste avec téléphone, le bidon iso., les chaussettes, les manchons de compression dans la poche de la veste, idem pour les manchettes, vue la température....juste au cas où, la veste coupe vent roulée dans la poche dorsale...le mouchard GPS, aussi dans la poche arrière.....tout est OK.

Je choisis de ne pas enfiler la combi., ça se fera sur le bateau.
Les derniers effets emballés dans le sac "Personnal", le dépôt du sac "T2" avec les chaussures de course à pied, on peut enfin se diriger vers l'embarcadère.

Un ronronnement se fait entendre du coté du lac.....c'est le taxi qui arrive, dans le noir total, ambiance! Lorsque tout à coup, un son de chalumeau en même temps qu'un lumière intense inonde l'atmosphère. Des lance flammes ont été installés sur la barge qui crache des jets brûlants reflétant sur le lac des halos éblouissants. C'est juste super impressionnant !

Je sors de ma torpeur, la journée peut enfin commencer!

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NATATION

Tout ce petit monde s'agite et se rapproche du quai, le bateau accoste, la passerelle déployée, c'est le moment d'embarquer.
Les visages se font un peu plus tendus mais la bonne humeur est quand même assez perceptible dans l'ensemble.
Ca dure une dizaine de minutes avant un lâcher des amarres. C'est parti.




L'ambiance est zen, au lieu d'avoir une musique criante comme sur pas mal d'aires d'avant course, c'est un groupe de 5 ou 6 de danseurs qui nous accueille, une espèce de ballet mode zen qui évolue lentement sur un son apaisant.

Puis les chalumeaux recommencent de cracher l'incendie, ça chauffe dur, j'enfile ma combi, à une bonne dizaine de mètres mais j'ai l'impression qu'elle va fondre!

Je me déplace vers l'avant du bateau, m'assois et me plonge dans mes pensées, mélange de concentration et d'émotion, je projete le déroulé de la natation et du reste de la journée qui promet d' être longue!

On approche du point de "largage". Francesco prend la parole.....juste en italien, pas de traduction cette fois pour décrire un peu mieux le parcours à suivre. Avec mon voisin j'arrive quand même bien à saisir la première bouée, la deuxième....la troisième c'est la minuscule île et retour vers la T1. Depuis le pont, c'est plutôt clair, les bouées sont en fait des bateaux avec gyrophares oranges.

Le principe de guidage des coureurs, un kayak escorte le premier, il tire une grosse bouée jaune clignotante. Chacun des coureur est aussi équipé d'une petite bouée restube  avec une led qui commence à clignoter dès que la bouée se mouille. Ainsi, chacun suivant l'autre, la chaîne lumineuse permettra à chacun de trouver son cheminement autour des bouées jalonnant le parcours jusqu'à l'arrivée.
Restube accroché!

La pression monte, le son change pour un enregistrement de battements cardiaques balancés plein fer avec un "It's the final countdown de Europe (ouai....pourquoi pas?). puis un gros "PAN!"......je ne comprends pas tout de suite que c'est le départ qui est lancé non pas depuis l'eau après y avoir sauté mais depuis le bateau direct......je saute.

L'eau est d'un noir absolu, tout comme l'ensemble de ce qui m'entoure. Une pression sur le bouton "on" de la montre donne mon départ, la montre s'illumine, c'est presque éblouissant. Je nage assez tranquille, je suis en tête de flèche et cape facilement sur la première bouée. Pas de grosses claques, pas de mecs sur le dos, pas de coups de talons, la natation idéale, la densité des nageurs est faible et bientôt les écarts se font sentir. Après quelques minutes comme ça, je lève la tête, entamant une brasse pour refaire un point sur la bouée.....et, vu depuis la flotte, c'est pas aussi clair que ça, je met les lunettes sur le front......à gauche, à droite....mince, toutes les lumières de la côte sont orange, comme le gyrophare.....à là, ok, petite correction de direction vers la gauche, ça repart. Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'en fait, je m'aperçois que je suis plutôt en tête de peloton et que du coup, les nageurs de devant sont juste......pas là pour les suivre.

Pas de bouée jaune clignotante à moins de 100 m.....va falloir se débrouiller seul. Un trou c'est créé très rapidement, il semblerait que la plupart des nageurs anticipent vraiment sur ce qui va dérouler après et que du coup le rythme est pépère.
Je me demande quand même où sont les autres, arrive la première bouée, l'odeur de gasoil du moteur du bateau au ralenti me rempli les narines...pas glop! Le tour du bâteau est fait, deuxième mise au point, brasse, lunettes sur le front.....c'est loin, j'aperçois un gyrophare, ça repart. Quelques minutes plus tard, je me tape plein fer un mec qui arrive en sens inverse, 3/4 droite (!???), puis un second, puis un troisième, ma sangle Restube fait un noeud avec la sienne....on souri, on se dépatouille, ça repart. S'en suit un long bord solitaire, ha, tiens, une bouée clignote à ma droite, un second nageur est à tribord, cool, pas tout seul et pas perdu (oui, ça paraît bizarre mais je me suis demandé à plusieurs reprises si j'étais vraiment sur le parcours) je continue, dans la même direction, dans mes pensées, essaies de me concentrer sur ma nage, dans ma bulle.
Lorsque je reprend un peu de lucidité, je refais le point, le nageur tribord est parti tout à droite (!?), je remets les lunettes sur le front.....mince, le gyrophare qur lequel je suis en train de caper est en fait celui d'un phare sur Monte Isola, la "vraie" bouée est 200 m plus à droite, ça me donne un petit coup de stress, j'accélère l'allure, vert de m'être planté et d'avoir à nager plus que prévu.....mais regagne assez rapidement le bon cap et atteins la bouée 2, maintenant cap sur "l'isoletta", il fait toujours nuit noire, la petite île est rejointe plus sereinement, celle là, on ne peu pas la manquer!

L'ambiance au passage de l'île est sur-réaliste, le château découpe une silhouette entre les grands arbres dans le sombre, une espèce de maison à la Hitchcock, terrible! Après ça, quart de tour à droite pour rejoindre Marone, la T1. Je nage maintenant parallèle au nageur tribord qui passa babord, et n'est pas si loin que ça, je suis un peu trop à droite, les premières lueurs font leur apparitions, le feu vert et rouge sur la quai sont maintenant visibles, je commence à penser à la transition, sortie de l'eau, mais tout est confus et mélangé, les idées s'entremêlent, ma positon dans le classement, est ce possible, faire rentrer de l'eau dans la combi. avant de sortir de l'eau pour mieux la quitter, mince c'est encore loin, où est le mec de gauche, la compote en vélo, le premier ravito, ha, mince, encore trop à droite, le mec de gauche, tiens un kayak, la compote en vélo, comment ça monte dans Mortirolo?, et Gavia, allé, pile dans l'axe, encore 200 m est je suis dehors, le mec de gauche, pourvu que la fermeture de la combi. ne se bloque pas, allonge, allonge, soignes ta nage ......

Hééééé, un drone à ma droite, je touche au but, j'ai la banane et manque boire la tasse, je suis trop à droite et longe le quai sur 40m pour retrouver la pente de sortie de l'eau, j'avance, ça flache, les photos, le drone, le public, ça encourage, "dai dai, bravo", j'avance encore un peu, le fond, la pente en béton, mon pied touche le fond, je me redresse, fait rentrer de l'eau dans la combi pour mieux la quitter, un mec du staff est là pour me tirer par le bras droit et me pousse au train, "bravo, dai", je suis obligé de lui lâcher que la course est extraordinaire, trop content de
sortir de l'eau, je donne un coup de reins pour attaquer ma sortie de l'eau, glisse, manque me casser la figure, repars, tire sur la sangle, la combi. s'ouvre.......

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TRANSITION 01

Une manche, l'autre, un coup d'oeil à la montre.....1h13 (!) c'est long, ha, 3990m....ok, ceci explique cela, vu le nombre de fois où je me suis recalé lunettes sur le front à faire la grenouille. Beep, T1 enclenché.
Le staff est super accueillant, je trottine vers mon emplacement en empruntant les rampes sur une centaine de mètres. J'arrive devant mon vélo, j'ai l'impression que le parc est encore très plein, cool, ça veut dire que je sors plutôt bien de la flotte. J'entame le dés-enfilage de la combi, mince ça coince, ha ouai, la sangle du Restube, je cherche le clip de fermeture.....clic, ça y est, une jambe aï, crampe mollet gauche, la droite...aï, crampe.

Bon, il semblerait donc que je n'arrive plus à quitter une combi. sans ce détail, mais je sais que ça ne va pas durer et que cela ne signifie rien pour la suite de la course.
Le gars qui est sorti juste avant moi est dossard 13, il est assis par terre occupé à mettre ses chaussettes, il me tend un pouce levé, tout sourire, il me demande en anglais d'où je viens, on échange quelques mots, tous les deux totalement hilares. Il est Suédois, Patrik Sondell, c'est son nom, il partira un peu avant moi. Une clarté pâle d'un début de journée commence à monter, le paysage autour se dévoile dans une espèce de gris bleu uniforme, c'est juste beau.
Je prends mon temps (relativement), enfilant la veste délicatement pour ne rien faire gicler des poches arrière, le dossard, les chaussettes, le casque....déjà?, c'est parti, j'empoigne le vélo pour le décrocher de sa barre, le tourne, prend la selle main droite et cours vers la sortie qui m'est indiquée par le staff plein d'encouragement et de bravo à mon égard, la ligne de passage avant laquelle je ne dois pas monter en selle, beeeeeep, la puce fonctionne, c'est parti pour 170Km de vélo vallonné. Je vais super bien!

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