mardi 26 août 2014

Embrunman 2014: L’après course


Un spectateur me donne raison, ses Oakley vissées sur le crane, il me dit qu’il faut savoir renoncer, renoncer avant d’aller trop loin, que c’est un signe d’intelligence etc….. C’est bien sûr exactement ce que j’avais envie d’entendre, me confortant dans ma pleutrerie. Il en avait fait 5 et bâché 2….pour ne pas se mettre minable ! Je lui réponds que, effectivement, c’est comme en montagne, il faut savoir renoncer, ça me donne une raison positive de bâcher à mon tour pour la toute première fois de mon existence sportive. Je m’écarte alors, sûr d’avoir fait le bon choix. Agnès me propose de faire une pause chez eux, ce que je fais, c’est à 100m. Dans leur appartement, Max était déjà là. Il est surpris de me voir. Je lui dis que je n’ai pas fini. Il me demande si on fera quand même la ligne ensemble…je lui réponds que ce n’est plus possible, que la course est terminée pour moi. Il ne comprend pas bien mais se retourne et repart jouer.
On me propose un thé chaud, celui dont je rêve depuis des bornes, représentant officiel de mon rétablissement l’an dernier et synonyme de confort absolu. J’y trempe mes lèvres mais un spasme nauséeux m’oblige à demander la direction des toilettes….je n’y vomirais en fait qu’un verre d’eau. Le thé est ensuite bu avec plaisir et mon « resserrement de gorge » se dissipe quasiment aussitôt. Ursula, Bärbel et Harald nous rejoignent.
Après une petiite heure, on se prépare à partir. Logistiquement, Agnes me propose de me reconduire en voiture jusqu’au parc de transition puisque je dois aller y rechercher mon vélo.
Je refuse au départ pour finalement accepter quand en attendant dehors je me mets à frissonner. Il n’est pas loin de 19h00 et la température baisse à nouveau. Ursula me donne sa veste et je monte dans la voiture. Le parc est rejoint en 10 min. Je ne réalise pas encore quelles seront les conséquences de cet abandon, persuadé d’être dans le juste et soulagé d’avoir échappé à un monstre, celui qui m’attendait après la ligne d’arrivée pour me croquer tout rond.
On se dit au revoir, je rentre dans le parc avec l’impression que sur mon front est écrit « NON finisher », honteux face aux mecs que je croise avec la médaille autour du cou. Je trace jusqu’à mon emplacement, commence à rassembler mes affaires quand j’entends « Antony Bavouzet, To be sport » dans le micro du speaker. Je me réjouis, Anthony vient de passer la ligne. Lui aura eu la niaque et sera allé jusqu’au bout. On discute 10min. il a beaucoup donné sur l’épreuve.

Les affaires sont empaquetées, Ursula m’attend de l’autre côté de la grille. Je rends ma puce, le gars me dit « félicitation » croyant certainement que j’avais fini, mais je ne le mérite pas et lui dit que j’ai plié au 30 ième à pied. J’ai fin et m’arrête au stand d’après course pour demander quelques morceaux de fromage alors qu’une heure et demie avant je m’imaginai ne plus pouvoir avaler quoi que ce soit pendant 24h. Le tour du parc est fait, on met le vélo dans le Traffic et on remonte au camping. En sortant de la voiture, les voisins de camping m’applaudissent…je suis aussi obligé de leur dire que j’ai bâché au trentième….
Après quoi, la logistique de fin de course commence, aller prendre une douche, froide comme d’habitude sur ce camping, avec 12 °C sous un toit hyper ventilé, ranger des affaires, trier les affaires à laver, se préparer pour le repas du soir. J’ai la dalle et mange avec plaisir un repas normal.
La nuit tombe et il est temps d’aller se coucher. La nuit sera bien dormie mais je me réveillerais tôt, gambergeant sur ce que je n’identifie plus du tout comme la décision qu’il fallait prendre mais la plus stupide des décisions que j’ai jamais prise, au constat de ma forme que j’ai le malheur de constater comme excellente. En effet, pas mal où que se soit, ma sortie de la tente me laisse pantois, et quand Harald qui est aussi dehors me demande comment ça va, c’est sur une intonation des plus désagréable que je lui réponds « ça va trop bien », et je réalise la bêtise de ma fin de course d ‘hier, mon abnégation insensée car je n’ai pas de ressenti de fatigue lourde, pas plus qu’après une sortie longue en vélo sur les entraînements. Je sens mes cuisses, bien sûr, mais c’est à peu près tout.
 Je réalise surtout maintenant dans quel état mental je m’étais mis et contraint alors que le corps était en état de continuer, sans problèmes, avec une préparation adaptée et un état de forme suffisant pour boucler sans buter contre ce fameux mur que mon psycho aura si bien su construire.
J’étais même prêt à boucler ces 12Km pourris le jour même pour tourner une page mentale sur cette épreuve mais la logistique de la journée ne me l’a pas permis.
A midi, on ira manger un morceau dans la vieille ville, les teeshirt de finisher sont partout….quelle frustration ! On prendra ensuite le bout de route pour se rendre à Arvieux où nous passerons la semaine en famille.

Le lendemain, je faisais les 8 derniers KM de L’Izoard en Vélo Avec Ursula après une randonnée en montagne le matin.


Le surlendemain remettant ça depuis Guillestre en aller-retour depuis Arvieux, là aussi après randonnée en montagne le matin, le mercredi, rando avec 1300m de D+ et……chute d’un bloc de pierre sur le pied droit, m’écrasant le pied et cassant l’os du quatrième métacarpien, m’obligeant à descendre les 9km et 1000m de dénivelée dans une douleur abominable. ….bien plus dure à supporter que ce que mes pseudos états d’âmes du 15 Août on construit comme maladie. Bilan de cette nouvelle épreuve: quand on veut, on peut. La volonté permet de déplacer des montagnes (paraît-il)

vendredi 15 août 2014

Embrunman 2014: Mes conclusions

L’analyse aujourd’hui de ce qui s’est passé est claire :

1    1 )      Caler des objectifs sur ce genre d’épreuve est stupide. On est là pour se faire plaisir, par pour performer. Savoir s’ouvrir des portes en fonction des conditions et aller jusqu’au bout quoi qu’il en soit pour en sortir vainqueur.

2    2 )      Mon état d’esprit en dégradation depuis le milieu du parcours vélo était bien sûr lié à ce que j’identifiais comme une contre-performance, capé sur des objectifs mal définis. La preuve, même le grand Marcel fait 6h11 sur le vélo contre 5h48 l’an dernier (+ 23 min) alors que je finis en 7h45 contre 7h28 l’an dernier (+ 17 min) compte tenu des conditions de course difficiles (froid + vent). Mon manque d’expérience sur ce format aura payé.

3    3 )      Je progresse, en sachant maintenant que je peux finir Embrun ou un format Iron proprement (avec une bonne prépa.), même si cela reste une épreuve très dure, sans passer une nuit à vomir et mettant 10 jours ou plus à récupérer. Ca replace la course dans un contexte plus positif, éloignant définitivement mes craintes vécues sur cette dernière épreuve. Pour sûr, la prochaine épreuve sera dans ce contexte de revanche, avec la banane (t'as raison Michel B.). Ce qui s’est passé sur la partie course à pied ne se reproduira plus.

4    4 )      Je reste profondément déçu de mon attitude…..mais c’est le métier qui rentre, on apprend bien sûr à ses dépens pour se relever et revenir plus fort. J’ignorais jusque-là à quel point le mental pouvait me jouer des tours.

5    5 )      J’ai maintenant un pied cassé et ne pourrais reprendre un départ de triathlon avant….saison 2015. J’aurais tellement aimé prendre ma revanche sur cette fin de saison. Faudra être patient. Aujourd’hui, je sais qu’il y aura un autre Embrunman. Quand ? Cela reste à définir. Peut-être changer de décors pour 2015 et revenir plus tard. Il est trop tôt pour en parler.
…





Affaire à suivre, en attendant, convalescence oblige, repos, la mort dans l’âme !

mercredi 9 juillet 2014

Et 2014?

Le 22 juin, assez tard donc, inscription officielle sur le site de Gérald Iacono. Motif, être sûr de ne pas se retrouver blessé car les frais d'inscription ne sont pas récupérables. Voir aussi comment on se sent sur cette période d'entrainement, comment on encaisse la charge de travail etc....
Bon, du coup, même le camping est booké, reste aujourd'hui 37 jours avant le départ. On rentre dans des semaines vraiment chargées avec 300 km de vélo sur des itinéraires bien valonnés, entre 35 et 40 km de course à pied et entre 4 et 9 km de natation.

Entre temps, le 27 juillet, le CD de Marseille, ça sera un peu le baromètre de la forme du moment, encore que, vu les distances (1.5-40-10) ça n'est pas forcément révélateur de ce que ça pourrait donner sur un format long, ou d'une allure explosive du CD on passe à une rythme "diesel".

vendredi 20 septembre 2013

INTRO.

Le blog nouveau est arrivé. On pourra y suivre l'actualité triathlétique et + du Nico. photos et récits de course etc...

Le premier article concernera bien entendu l'Embrunman 2013, une grande première pour moi sur ce format de course et un premier pas sur cette épreuve mythique!

jeudi 19 septembre 2013

EMBRUNMAN 2013: Avant la course

Les derniers jours avant le départ, plage, séances natation sur 3800m en mer, petites sorties vélo et course à pied, en travaillant l’intensité. Le travail est fait, avec sur les 7 derniers mois 4 291.KM décomposés comme suit:
91 KM de natation dont 42 KM en Piscine et 49 KM en mer, 3 537 KM de vélo,663 KM de course à pied , un cumul de dénivelé de 47 421 m. A comparer avec l’historique de certains sur internet, ça me paraît plutôt faiblard et le doute s’installe doucement sur mes capacités à boucler les 234km assortis des quelques 5000m de dénivelé sur la partie vélo et un poil plus de 400m sur le marathon…..mais bon, on y va pour visiter.
Je me suis préparé un petit tableur que j’ai imprimé puis plastifié pour l’avoir sur le vélo pendant la course me donnant des temps de passages à certains endroits afin de situer ma course sur un temps final visé (7h30 pour la partie vélo me parait jouable).

Même si la semaine précédant le départ est une semaine de congés, on préparera les affaires la veille et le jour même du départ, pour ne pas changer les habitudes. En même temps, on est rodé, tout ou presque est déjà dans des caisses étiquetées. Pour l’Embrunman, les questions vestimentaires se posent pour la partie vélo, veste, pas veste, manchettes, alimentation aussi, planifiant plus ou moins ce que je vais prendre et où, que mettre dans le sac prévu pour le ravito de l’Izoard...etc…
Il faudra de toute façon attendre la veille pour savoir plus précisément les T° en plaine et au col pour préciser tout ça….
En voiture, c’est parti, on part le dimanche, la course est jeudi, on va y aller en douceur en créant des étapes dans le Dévoluy où on va aller essayer de visiter deux randos faciles avec Max sur des itinéraires vus dans un hors série de Montagne Magasine, chouettes journées en perspective, chercher un endroit pour dormir, en pleine nature, près d’un torrent, cherchant le point de vue et le coté ensoleillé pour le petit dej. du lendemain, on adore!


Le 13, on arrive sur Embrun, la vue du lac me donne des frissons, on y est. Après m’y être projeté des centaines de fois, au cours des entraînements, en cogitant dans les longues sorties vélo, les levers à 5h00 du mat pour aller courir, les sorties natation en mer ou les allers et retours fastidieux en piscine, le jour de la fête se rapproche et se concrétise. Peut être se que doit ressentir une femme en ceinte quelques jours avant l’accouchement, avec ses interrogations sur une partie d’inconnu, impatience, stress, excitation, émotion…..tout cela en boucle.
Arrivée à Embrun, la ville entière semble galvanisée par ce trentième anniversaire, une épreuve par jour avec des formats sprint, CD, duathlons etc. Pas un mètre sans qu’un prolongateur ou qu’une paire de mollets en « compression » pointe son nez . Sur le rond point d’entrée de la ville, trônent fièrement de façon un peu naïve, trois figurines grandeur nature, un nageur, une cycliste, un coureur, un peu plus loin la banderole sur laquelle on pourra lire " trentième anniversaire d’Embrunman, le triathlon le plus dur du monde" (ce que s’obstine à afficher l’organisation après les créations du Norseman, du Swissman ou de l’Altriman qui revendiquent chacun leur difficultés et leur status de « plus dur du monde »)



Bon, ayant quelques doutes vis-à-vis de certains récits de course lus sur internet, je me dis que faire une visite de la dernière partie vélo serait la bienvenue. Ursula & Max vont faire un tour au lac et j’enfourche la monture pour une reco. du Chalvet. J’emprunte le rond point des Orres pour bifurquer et rejoindre le pont neuf, à l’attaque proprement dite de ce que certains appellent « la bête du Chalvet ». Pour rejoindre le pont neuf, je prends une partie du parcours marathon en sens inverse, non d’un chien, ça descend vachement!

D’autres cyclistes auront décidé de faire la même chose que moi à J-2, l’un d’entre eux vient d’y laisser son dérailleur arrière, sic! Il aura demain pour en trouver un neuf et faire ses réglages. Pour ma part, toujours un petit problème de saut de chaîne sur le passage du grand au petit plateau, un tour de clef Allen et c’est réglé. Le Chalvet, sans être extrême, affiche pourtant la couleur, à trois endroits j’aurais tout à gauche en 34/27 jouant la vélocité plutôt que le « en force » mais laissant imaginer une fin de parcours encore dans le dur. Ca s’étire comme ça sur un petit 7 km, du KM 171 au KM 178  mais gagnant 400m de dénivelée avec des passages à 12% avant de basculer dans une descente pourrie, revêtement à la limite, trous et gravillons. S’en suit 10KM de cette descente avant de rejoindre le bord du lac. On pense forcément au surlendemain et à ce que l’on pourra ressentir si on arrive entier à ce stade de l’épreuve. Ceci dit, pour le moment, aucun stress ressenti, s’en est presque bizarre. Tellement inconnu et sans prétention que pour l’instant, je suis paisible. 

Une nuit normale avec un bon sommeil plus tard, nous sommes la veille du départ, toujours pas de stress. La matinée sera occupée par le retrait du dossard dans la salle des fêtes en ville haute, un passage par le lac pour un tour du parcours natation et une session de farniente. La natation s’annonce plutôt confortable comparativement à un parcours en mer, pas de courant, eau plate...même si l’eau douce porte un peu moins, au niveau goût, incomparable. On ne finira pas avec la langue cramée par le sel.

 L’après midi, je prépare la caisse pour demain, elle doit contenir l’ensemble des affaires de course, à déposer sous la chaise dans le parc. Avec ça, l’habituelle session de préparation du dossard sur la ceinture, les étiquettes, les sacs avec la prépa. du sac pour le col d’Izoard dans lequel je laisserai uniquement de la nourriture, deux jambons beurre, deux gâteaux sport, une barre de céréale pour manger sur les 80 derniers KM du parcours vélo. 
Préparation de bidons avec la poudre que j’ai l’habitude de boire à l’entrainement. Il fera beau, le choix vestimentaire s’oriente sur une veste sans manche avec ses poches confortables dans le dos, la trifonction dessous, une paire de manchettes. La T° à 7h00 dans le parc à la sortie de l’eau ne devrait pas malgré tout dépasser de 15-16°C. 
Ne pas oublier le tableau que j’ai imprimé avec des temps de passage pour le parcours vélo afin de me situer dans le temps sur le parcours et de gérer l’allure en fonction du temps visé de 7h30 sur cette partie de l’épreuve. Parlons en justement des temps visés. Les séances d’entrainement me laissent pouvoir partir sur 1h05 en natation, 7h30 en vélo et….. ? sur le marathon. En effet, si le seul marathon sec couru l’an dernier à Montpellier sans entrainement spécifique passait à 3h28 , qu’en sera-t-il après les deux premières étapes de ce format Iron Man ? Ca demeure le gros point d’interrogation de cette course à venir, et je sais que seule une gestion efficace du vélo me permettra de ne pas sombrer sur la course à pied, qui demeure un marathon, là auss,i pas tout à fait plat avec ses 428m de dénivelé.

Le briefing de course est prévu à 5h00 au village exposants. Ecran géant avec des vidéos en boucle sur les précédentes éditions, on y voit et revoit le départ natation de nuit, les boucles de l’Izoard, le parcours marathon, les héros de l’épreuve avec les Zamora, les Faure, les Baylis, les Louison, Ferrer etc…
Pour parfaire les habitudes, le briefing commencera en retard, là, le tour des recommandations de courses par les arbitres en termes de règlement et les conseils de l’organisation pour la course sur le parcours, les ravitos. Etc…sont donnés. 

 Ensuite, vient le moment d’aller déposer le vélo dans le parc, ouvert jusqu’à 18h30.
Je croise Alexandra Louison sur le tapis bleu avant le passage de la barrière des arbitres. Là, vérif. du bracelet coureur, petit arrêt par la case marqueur, le 1169 est maintenant présent sur mon épaule et cuisse gauche. Le parc est immense, les premières rangées sont destinées au coureurs pros et au dames, ensuite les coureurs étrangers puis les autres anonymes comme moi. Je dois aller jusqu’à la rangée N°28, repérant un point remarquable, facile, le panier de basket est deux rangées en avant, pour ne pas trop chercher demain au moment des transitions, ensuite, au fond à droite, à trois vélos de la bordure, coté plan d’eau. Là, le vélo est accroché à l’envers, contre la barrière.
J’y ai scotché deux morceaux de mousse pour ne pas abimer ma monture lors du retrait / dépôt de demain. Un gars qui passe propose de me prendre en photo avec mon appareil. Clic, c’est dans la boite.

Tous les athlètes sont sympas ( !), on échange avec le mec d’en face qui part en vélo de chrono, pas le mieux adapté pour ici, il m’explique qu’il s’est fait tirer son vélo montagne à Nice (la nuit dans sa voiture) en accompagnant sa belle qui faisait l’Ironman en juin ; Pas glop !  Bon, c’est le temps d’y aller, Ursula  & Max attendent dehors derrière les grilles. Le parc sera gardé par des types avec chiens. Celui qui touche à mon Gir's un gros coup de molaire. A demain vélo, ce sera une longue et dure journée.
Le repas du soir arrive," tiens des pâtes". Ce n’est pas le repas du condamné, pourtant, je me souviens que les voisins de camping ont eu l’air solanels en me souhaitant un dernier « bon courage pour demain ». Il s’agit d’un couple avec un enfant. Le père est sur la dernière ligne droite avant l’UTM4M, un ultra trail de 160KM avec 10 000m de dénivelée, rien que ça. Le fils, 10 ans vient de finir son triathlon avenir ce matin, la maman les accompagne. Un peu plus tard, dans le bloc sanitaire, des enfants me demandent en voyant le N° au marqueur si je pars demain matin pour « le grand triathlon », fiers, je réponds que oui, sans vraiment réaliser que là, effectivement, j’y suis. Je partirais demain pour l’EMBRUNMAN ! Incroyable.

La nuit necommence pas super bien avec des voisins Hollandais d’habitude en mode super silence qui cette fois débattent de je ne sais quoi, ça durera un moment, m’empêchant de trouver le sommeil. Un peu plus tard, les hurlements d’un gamin qui ne s’arrête pas après au moins 10min. je suis sur le point d’aller voir quand enfin ça s’arrête. Ouf, je vais pouvoir m’endormir. Bon, bien que très serein, c’est le genre de nuit où on se dit qu’il faut dormir ( !) pour être en forme demain, on regarde l’heure, il me reste plus que 6 H pour bien dormir….4H….dans 2H je me lève…..c’est 4h00, mince, c’est l’heure !

mercredi 18 septembre 2013

EMBRUNMAN 2013 : LA NATATION

EMBRUNMAN 2013 : LA NATATION 1H03Min03Sec.

Avant donc que le réveil ne sonne, je me glisse hors de mon duvet, Ursula est aussi réveillée. Bisou de la force, je sors de la tente. Clac ! Le camion bleu s’ouvre à grands coups de Warning pour ravir nos voisins directs qui m’avoueront avoir fait du « fractionné » cette nuit-là, en termes de sommeil.
Petit dej. à la frontale, café chaud, céréales, gâteau sport maison (lait de soja, figues, raisins secs, sucre, amandes et noisettes). Un petit tour par le bloc sanitaire pour lâcher un peu de lest avant d’enfiler la trifonction. Je me gèle ! Un oeil sur le thermomètre, 14°C….j’ai peur d’avoir froid pour la natation. Bon, on verra bien. La caisse est prête, le sac aussi avec les affaires de natation. OK, c’est l’heure de partir, 4h45. Je pars dans le noir, à pied, depuis le camping situé à un petit quart d’heure du plan d’eau, caisse sous le bras, sac sur le dos, action.
A la sortie du camping, je rejoins un autre gars et son père qui partent eux aussi vers le parc. Se sont des belges. Le fils fait son deuxième EM, après celui de 2011 où il avait pris la « drache » au col d’Izoard. On parle du temps qu’on ambitionne etc…il a l’air assez tendu. Aï, faudrait pas que je me mette aussi à m’inquiéter. Mais toujours pas, comme vide vis-à-vis de ce format de course inconnu, toujours aucun stress et ça contre toute attente, loin de mes avant courses habituels, où les boyaux se tordent parfois déjà la veille…..
Bon, on arrive vite au parc, nuit noire, pas de musique. Passage de la barrière des arbitres, vérif. bracelet, dossard, casque sur la tête, puce à la cheville gauche, en bouts de guidon et de prolongateurs. C’est bon. « Bonne course ». J’y suis, sur le tapis bleu, j’en prends plein les mirettes.
Difficile à décrire, comme si un gamin se retrouvait subitement dans l’atelier du père Noël ou un truc du genre. Un coup d’œil sur la montre, ouaou, 5h15, faut que je m’active. Rangée 28, au fond à droite. Ma monture est toujours là, comme si il pouvait en être autrement. Une vérif. de la pression des pneus, 7bars, OK. Accrocher les chaussures aux pédales, les élastiques, non pas pour aller plus vite mais pour éviter de courir avec des pompes sur cales. Je prépare ce que je vais devoir enfiler pour le vélo : Montre, manchettes, veste, sandwichs Jambon beurre, gâteau sport, barres, gels sur la ceinture porte dossard. Heuu, ça fait pas un peu beaucoup ? sans compter ce que j’ai laissé dans le sac qui m’attend en haut de l’Izoard à peu près les mêmes trucs. Bon, trop c’est mieux que pas assez. A quatre emplacement du mien, je vois un drôle de vélo, vélobleu, et le gars qui compte partir là dessus aujourd'hui. On échange quelques mots, il me dit qu'il n'en est pas à son coup d'éssai, il a fini l'Iron Man de Nice.....( j'ai entre temps fait des recherches sur le type, PAKINATOR, dont je joins le lien vers son récit de course halucinant à Nice ICI > http://www.onlinetri.com/phpBB2/viewtopic.php?f=5&t=45477&start=1545%23p899286#p899286)

Alors, reprenons, j’allais enfiler la combi. quand je me suis dit qu’un passage par les toilettes serait peut être judicieux avant la course, pour avoir le moins de pose possible en bord de route. Mal vu ! La queue est interminable, même si pas mal de cabines ont été installée, les gars y moisissent. Bon, c’est mon tour. Quand j’ouvre la porte en en sortant, je me rends compte que le parc est soudain relativement vide. Oui, c’est 5h45. Oups, vite retrouver ma place, enfiler la combi. Attraper mes lunettes de natation et le bonnet ainsi que le sac pour l’Izoard que je lâche au staff à l’entrée du parc en courant. Je rejoins le sas de départ en vrac, essaye d’avancer le plus possible de la ligne d’arbitres devant séparant les coureurs de l’eau. Vite enfiler le bonnet, les lunettes, les bouchons dans les oreilles, le gars derrière moi me signale que ma combi n’est pas fermée, je sais….il me la ferme, le speaker annonce qu’il ne reste plus que quelques secondes avant le départ, le gars à côté de moi me donne un coup de poing sur l’épaule « bonne course – toi aussi, bonne course », on ne s’est jamais vu, c’est pas grave, c’est mon pote…..c’est, le départ ! Heu, on y va là ?

Ca hurle partout, je cours, je gueule comme les autres, l’eau me parait…..sèche ( !) Vrai de vrai, aucun ressenti de mouillé, je pense après coup, que c’est parce que les autres sens sont au taquet. J’ai l’impression de vivre une scène de bataille, de celle qu’on a tous vu à la télé avec ces images de types sautant de leur embarcation sur les plages Normandes. Pourtant, là, aucun assaillant, mais la certitude d’avoir à lutter contre un truc invisible. L’eau est noire, il fait nuit, pourtant, à la lumière des flashs qui crépitent, la visu est plutôt bonne, splouch……je plonge………………..je nage…….je nage. Une vidéo du départ posté par un spectateur sur you tube:  http://www.youtube.com/watch?v=l8ZSCZBDBzM

Tout à présent se fait plus silencieux, en tout cas plus étouffé par l’eau. On atteind rapidement le premier passage d’étroiture entre la première bouée et le ponton à droite. Pourtant, pas de bataille acharnée, moins de coups que sur le CD l’an dernier, pour cause, ils ont doublé la largeur de ce passage en implantant la bouée plus à gauche. Ca passe donc plutôt bien, il faudra tout de même brasser sur deux trois mouvements stoppés par les types de derrières ou d’à côté, un bras retenu, un croisement d’un gars sur mon dos. Ça me fait sortir la tête de l’eau, j’hallucine sur le nombre de spectateurs sur le ponton, le son des encouragements est énorme, cris, sirènes, tropes, cloches….tout est bon. La deuxième bouée pointe son nez, puis la troisième pour un quart de tour à gauche, la 4 puis la longue ligne droite pour retrouver la bouée proche du départ qui signe le premier tour. Je suis bien dans l’eau, j’arrive à bien nager, je pense à ma technique en allongeant au maximum. Le ciel commence à s’éclaircir, au-dessus, un hélico fait du sur place. J’imagine qu’il est là pour filmer la course et pense aux images qu’on pourra voir sur sport + ou Eurosport en Septembre. Le son du rotor ajoute encore à l’ambiance avec l’impression renforcée de vivre un truc extraordinaire. Le premier tour est bouclé, j’ai l’impression de remonter quelques nageurs sans me faire doubler, je m’applique et essai de profiter au maximum de ces instants éphémères. Bientôt la dernière ligne droite, je double quelques filles parties 10min plus tôt que les gars, j’essaye de me concentrer sur ma sortie de l’eau, je repense les gestes à accomplir, lunettes sur la tête, enlever le haut de la combi, courir, allée N° 28….après c’est trop dur de rester concentré, je nage, je m’applique….plus que quelques dizaines de mètres, je sors la tête de l’eau je vois les mecs devant moi qui ont pied et commencent à sortir de l’eau, mes pieds touchent le sol….là c’est du délire, la foule gueule, je me mets à faire la hola avec eux, les deux mains dans les manches de la combi.
Qui pour le coup est assez difficile à désenfiler. C’est la fête ! Je continu à courir jusqu’à mon emplacement dans le parc.

mardi 17 septembre 2013

EMBRUNMAN 2013 : TRANSITION 1

EMBRUNMAN 2013 : TRANSITION 1  05Min15Sec.


Hé, ma montre indique 7h03, j’imaginais sortie entre 1h05 et 1h10…du coup, pas mal positif, je prends pour le coup le temps sur cette transition en n'oubliant pas l’objectif de la journée, FINIR, même si je lorgne un temps compris entre 13h00 et 14h00. Cette transition est d’ailleurs assez brouillon, plutôt même très brouillon, enfilant la montre avant les manchettes que je manque oublier, devant quitter la montre pour enfiler les manchettes, pour ré enfiler la montre…la cata ! La veste a du mal à s’enfiler en étant mouillée, les sandwichs, les barres les gâteaux sports dans la poche arrière, le casque, les lunettes….c’est tout ?
Non, les chaussettes….OK, j’y vais.
Temps passé à glandouiller, 5min15 sec. Bouuuuuuu, bouuuuuuu!