mardi 19 juillet 2016

TRANSITION 02

Mais quelle transition!
A peine passée la ligne à partir de laquelle on doit pousser le vélo, le staff est là, hyper présent et actif. Un prend mon vélo, l'autre me montre la direction de la tente où je vais pouvoir prendre possession de mon sac de T2 dans lequel se trouvent mes affaires de course à pied.



Il est 13h05, le planning dressé avant course prévoyait de poser le vélo à 12h45.....on est dans les clous!


Dans la tente, c'est limite si on ne m'enfile pas les chaussettes. Ma transition est un peu "bazaroïde". Je quitte la veste vélo, au passage, refile le coupe vent à Ursula de l'autre coté de la barrière, Harald me propose une bouteille d'eau, je dois sortir le mouchard GPS et le téléphone obligatoire de ma poche dorsale pour la mettre dans le sac à dos trail que je vais porter sur les 30 premier kilomlètres. Prend le sac T2, le retourne, les affaires tombent sur le sol, le bénévole super réactif organise les affaires, les deux chaussures,
chaussettes pour me faciliter la tâche. Les manchons de compression, les chaussettes sont enfilés, je bois un coup, fourre le téléphone et la puce GPS dans le sac, une barre et deux compotes, une bouteille d'eau pétillante à la main, glisse le sac sur mon dos....la casquette, les lunettes, rapide chekup, tout est bon, je peux refiler mon sac T2 au membre du staff et y aller. Des envouragements fusent de part et d'autre, "allé Nico., t'es super bien placé" glisse le fils de Roland Bordet, un autre Français engagé sur la
course. Je crois halluciner, je suis effectivement septième scratch en posant le vélo, c'est juste incroyable. Je quitte l'aire de transition, un rapide petit détour vers Ursula, le temps d'un bisou de force.......et il va en falloir pour sortir les 42 bornes et leurs 2 300m de dénivelée. Encore une tape amicale d'un bénévole sur la hanche gauche puis un claqué de main avec Bârbel à droite, c'est parti!




Vidéo de mon arrivée ici : VIDEO (quelqu'un m'a identifié comme Gorgio Marchesan ;-D)

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous


Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

COURSE A PIED

Il est 13h15, je quitte l'aire de transition T2, en direction de.....l'inconnu!42 bornes et 2300 m de dénivelé, encore jamais fait un truc pareil.

A peine sorti du village et de sa chaleur humaine, je me retrouve seul et me retrouve face à la première bifurcation en hésitant sur la direction à prendre. Des personnes à la terrasse du dernier café à droite m'indique le chemin, cool! Ca part direct dans le raide, un petit bout d'asphalte avant de prendre un virage à 180° et d'attaquer un super parcours sur un chemin en balcon au dessus du village, exposé plein sud, la vue est vraiment chouette. Ca continu à monter encore quelques Km, les
5 premier affichent en fait 200 m de dénivelée (je croyais 500m) et ça se court plutôt pas mal. Le parcours est jalonné de fontaines. Les pentes les plus raides sont malgré tout marchées, j'ai laissé beaucoup d'énergie dès la sortie du village à vouloir courir......Un premier ravitaillement pointe déjà son nez. Courte pause, un verre d'eau et ça repart, ça bascule dans la descente qui s'étale sur les 5 km qui suivent pour retrouver une altitude de 100 m inférieure à la T2, Sur le parcours, j'ai la surprise de croiser des inscriptions faites à la bombe de chantier sur la terre du chemin, "Nico", d'un joli jaune fluo
marque comme ça de manière aléatoire le cheminement de ces 5 km, ça parait dérisoire mais c'est un accompagnement virtuel bien sympathique qui vient aussi rythmer mon itinérance solitaire et me ramène un peu de lucidité. Je descends comme ça 300 m de dénivelée pour retrouver le village de Temu. Je retrouve le bitume et le deuxième ravito., il commence à faire chaud, on rigole avec le staff, toujours aussi génial, plein d'encouragement, tous sourrires, ça fait du bien. Je me rapproche du Km 10 où m'attend ma petite équipe, Ursula, Bärbel, Harald, Max.

Ursula est en vélo et commence à m'accompagner. La forme est encore là......pour combien de temps? Après les dernier hectomètres de bitume, on oblique à gauche, dans la forêt, sur un large chemin de terre ombragé. La pente est raide, très raide, je ne peux et ne veux la courir. Il faut penser à en garder sous le pied pour les kilomètres qui suivent.
Ursula me ravitaille en eau pétillante et en compote, on discute, le parcours n'est pas désagréable. Une succession de montées, longues, et descentes, courtes, nous font arriver au départ d'une piste cyclable, on oblique plein Sud, c'est roulant mais je commence à ne plus pouvoir vraiment courir dans les bosses, mêmes les petites....ça commence à décliner.
Ce cheminement sur la piste se fait en aller / retour autour d'un torrent, l'aller monte, le retour descend jusqu'à re-renconter Ponte di Legno. Dans la montée, Patrik arrive au galop, il court vite, vraiment vite. On discute une minute et il s'envolera en avant.....je recule dans le classement, bon, on oublie pas l'objectif premier, finir la course, donc pas de déception, on est content d'être là, il faut profiter de cette journée. On est au Km 17, Ponte di Legno, je me réjouis de retrouver l'animation de la place centrale par laquelle on va transiter. La descente est courue mais dès que ça se redresse.....ya plus beaucoup de jus. A l'approche de la place, je trottine un peu mais reprend vite un pas plus calme....tant pis, faut se résigner à marcher. Un ravito. de plus sur la place, petite pause, de l'eau et ça continue.

 Le cheminement ensuite n'est pas super clair, on hésité avec Ursula car les rubalises se font timides et rares.....est on bien sur le parcours de la course? Ursula prend le temps de sortir la carte et de vérifier que c'est bon, je continue de mon coté sans certitude.....un aller / retour serait malvenu.....OK, on est bon, ça paraît pourtant surprenant quand on se retrouve en bord de route avec les voitures qui nous rasent et se demandent un peu ce que font des mecs avec un dossard sur le bide à cet endroit. ON attaque le Km 20, Ursula doit me laisser pour retrouver Harald, Bärbel et Max afin de rejoindre le Km 32 en voiture, c'est de là que partira le support officiel de Harald, rendu obligatoire par l'organisation, jusqu'au sommet.
J'alterne des phases de marche et de courtes phases où je trottine tant bien que mal....
Commence là une longue traversée du désert, non pas que le parcours se soit métamorphosé en dunes de sable et de poussière, non, mais un désert mental, un désert de manque de jus et de concurrents à mes trousses.


Cette partie du parcours est redoutable, de Ponte au village de Pezzo se sont 4,5 kilomètres et 300 m de dénivelé, sur route goudronnée, des lacets.....je marche désormais sans beaucoup d'espoir de recourir....on est au Km 24, il reste 8 km jusqu'au Km 32 que j'attends avec impatience, pensant que de retrouver mon "support" serait salvateur.
Un concurrent que je voyais revenir dans les lacets me rattrape, c'est David Smrcka, un tchèque...il courent, lui et son binome, mais comment font ils?
Vient ensuite un autre, italien, qui, bien que moins rapide, passe.....combien seront ils encore à me dépasser de la sorte?

Dans Pezzo, un ravito., je prends un verre de coca.....pouahhh!!! brulant, mince, je repars et fait le détour par une fontaine fraîche à 100m de là, dommage que le staff n'ai pas pensé à s'y poser pour garder les boissons au frais.
J'entame maintenant une partie transitoire, on quitte le goudron pour le gazon, c'est bien mieux, encore une petite montée vers un torrent  avant de redescendre 120 m sur 2 km pour  attaquer une montée de malade dans la forêt. Là, je crois que c'est la fin, j'en suis au 27 ième Km, j'ai beau m'alimenter, ça ne revient pas! La pente devant moi me paraît être un Everest......un gros bonhomme qui me suivait....me double, il ne fait pas parti de la course et semble amusé de voir des mecs en tenue de combat aller aussi lentement.....en fait je suis à l'arrêt, je vacille, courbé en avant, les mains sur les cuisses, la tête tendue vers le haut, mais que c'est dur. Je me reprends et repars, avec beaucoup de difficultés, mais ça repart, la pente ne se calme pas, on est dans du 21% (tracé Garmin)
...
deuxième arrêt, j'ai l'impression de n'avoir vraiment plus de jus, c'est frustrant au possible.....je suis en train de souffler en me demandant si j'allais pouvoir sortir la course quand Ursula est arrivée.....de nulle part, je me demande ce qu'elle fait là, ce n'est pourtant pas une hallucination. Ouf, elle trouve les mots pour me faire repartir....pas bien vite, mais ça repart. Sur ce monotrace dans un bois sombre  retrouve un visage moins crispé, les pas se font plus sûrs....ça revient doucement. ouf, je commençais par ne plus faire confiance à mon expérience, à me poser les questions sur ce qui n'avait pas été fait, ou mal fait qui ne permettait pas à se second souffle de venir.
On avance comme ça doucement, mais on avance,et les kilomètres aussi, on entrevoit le 31 ième puis....le 32!

Mama, du monde, un ravito, des sourrires, Harald, Bärbel et Max sont là. C'est le moment de laisser mon sac à dos, Harald en a un et va pouvoir prendre le téléphone obligatoire et le GPS. Je donne le sac à Ursula, change de chaussures laissant mes chaussures de course à pied "classiques" pour mes chaussures de trail, plus rigides et plus stables pour attaquer la partie plus technique et cailloux de ces 10 derniers km.

Qu'est ce que ça fait du bien de se retrouver sur cette partie du parcours, on s'imagine déjà sur le sentier de montagne....presque. Harald remplace Ursula, on discute beaucoup, le pas est rapide mais impossible de courir, c'est maintenant l'attitude qu'il faudra garder jusqu'au bout. La vue est encore bouchée par la forêt sur le col Paradiso, on est au Km 33....MINCE, en discutant, on s'apperçoit qu'on a oublié de sortir le téléphone et le GPS de mon sac de trail pour le mettre dans le sac d'Harald......qui n'a pas non plus son téléphone. La guigne, on est marron. Harald sait qu'Ursula, Bärbel et Max seront à Tonale, à 1 Km, il faut faire vite pour les rattraper avant qu'ils ne prennent le téléphérique pour le col.....Harald part en courant (la pente est forte)....et disparaît, je ne le vois plus. Mince, on est pas forts! Je continue comme ça et arrive à Tonale, le grand parking du téléphérique, la voiture que je reconnais, mais personne! Mais où sont ils passés? J'éspère qu'ils n'ont pas pris le téléphérique, ils devraient être au ravitaillement du col, un peu plus loin, celui avec la dead line de 21 heures pour laisser partir les derniers coureurs vers Paradiso.
Il est 18h00....on a de la marge, par contre, si on a pas le téléphone et le GPS, on sera bloqué à ce checkpoint et il sera impossible d'aller plus loin!

Galère, Harald est plus loin que le parking quand Ursula apparaît derrière lui, elle court, elle arrive à sa hauteur, sauvés! En fait, quand on a quitté le Km 32, peu après notre départ, elle s'est rendu compte que le téléphone et le GPS étaient restés dans mon sac, a pris la voiture pour essayer de nous coincer sur l'itinéraire qu'on avait imprimé mais .......qui ne correspondait pas au tracé sur place, ne nous a pas vu, c'est garée plus haut, est redescendue, à causé avec un berger en italien, est remontée.....pour finalement nous retrouver.
On  a eu chaud. Arrivés au checkpoint, on explique ce détail au staff qui aura un drôle de tracé sur son écran. Le téléphone et le GPS dans le sac d'Harald, c'est OK, on peut aller plus loin. Une petite pause au ravitaillement, j'ai un point de contracture super aigu à l'omoplate gauche, ça doit venir du sac porté sur les 32 premiers Km.




Le staff est génial, beaucoup d'encouragements, de la part des supports des autres concurrents qui attendent leur coureur aussi. Bärbel me masse un peu l'omoplate, je bois un verre, on repère le tracé de ce qui va suivre....mais que c'est loin, mais que c'est haut. De là, on a du mal à imaginer pouvoir rejoindre ce point haut. Le parcours n'est pas direct, il faut en plus faire un gros détour pour passer derrière une épaule avant d'arriver à voir le col en question. Ca promet d'être long et difficile.
Je commence à ne plus pouvoir m'alimenter correctement, prend quand même un abricot séché avec un verre d'eau, il est temps de repartir.
18h05, Francesco, lors du briefing avait parlé de 2h40 en se traînant.....on cape sur 2h30 de montée, ça nous amènerait à 20h30, mon scénario très optimiste projetait une arrivée au sommet pour 19h30, je crois qu'on sera loin du compte.

Sous les bravo des gens présents, on repart, à l'assaut de la dernière difficulté de la journée, on est au 35 ième Km, reste 7 petits (mais costauds) Km, avec encore 900 m de dénivelée. Bârbel, Ursula et Max vont pouvoir prendre le téléphérique tranquilles pour nous attendre au sommet.

Ca commence sur un chemin large et graveleux, ça redescend d'abord légèrement avant de monter régulier à 10/11%......arrive un autre concurrent qui va passer lentement en marchant lui aussi accompagné de son support, on discute un peu mais il va vraisemblablement plus vite et va passer devant. Km 38, reste 800m de déniv., c'est le moment qu'aura choisi ma montre pour s'arrêter de fonctionner, il est 18h45. On est en train de discuter de choses et d'autres, combien sont passés, la place au classement, pas important mais on se prend quand même au jeux et l'esprit de compétition ne peut pas s'en aller comme ça, alors on lutte, on lutte pour ne pas ralentir, maintenir un rythme, placer les pieds aux bons endroits. Le chemin large fait place à du sentier de montagne, celui dont on rêve, celui avec vue sur les glaciers quand on sort de la végétation haute. on croise un dépôt d'anciens télésièges et une voiture de police qui nous renseigne sur l'altitude et les mètres de déniv. qu'il nous reste à accomplir. Il en reste 400!!!. Le paysage est magnifique, on s'en émeut, même si je ne lève pas vraiment la tête, tout paraît compliqué, poser ses pieds avec stabilité, respirer...oui, j'ai l'impression d'avoir deux points de coté, un de chaque coté....mais ça continu. Un deuxième binome nous talonne, on les voit se rapprocher, mais le sommet, dont on ignore la distance qui nous en sépare, aussi.





Harald me donne les écarts en mètres, 80 mètres, je tente d'accélérer, y parvient....mais éprouve d'un coup des vertiges, une tête qui tourne, l'envie de vomir...mince, je dois vraiment m'arrêter, c'est mon ami l'abricot de Tonale qui veut aussi voir la montagne et demande à sortir. Burp...voilà mon ami l'abricot, tu es libre. Aussitôt, tout revient plus normal, plus de tête qui tourne, je me relève et on repart. Harald reste derrière pour ne pas donner de fausse allure, c'est vraiment bien. Un coup d'oeil en arrière, maintenant c'est au tour de nos poursuiveurs de lever le pied.....on rigole car c'est en train de  ressembler à une espèce de course d'escargots, les silhouettes comme au ralenti dans un duel pourtant bien réel. Un moment on se rapproche même de nos précédents doubleurs qu'on garde en point de mire, quelques minutes devant...mais on ne parvient pas à recoller. Le parcours reprend un peu de raideur et amorce un virage en S dans la caillasse, on ne le sais pas encore mais en fait on est à environ 1 km de l'arrivée. On traverse un dédale de gros blocs de granit....une pancarte..."last Km", boum, un regain de force se fait alors sentir, sans que rien d'autre que la lecture de la pancarte n'ait été fait, je pars en courant. Elle est là l'adrénaline dont on parlait en montant avec Harald qui se fait surprendre et doit accélérer le pas pour coller au mien. On arrive à un point de basculement du parcours......l'arche d'arrivée est en vue, ben ça alors, si je m'attendais à ça! 

J'ai l'impression d'arriver sur une station orbitale, on passe devant des photographes qui nous félicitent, je fais gaffe à mes pieds parce que ça redescend un peu, ça passe à droite d'un petit lac bleu / vert, allé, plus que quelques mètres, je scrute vers le haut, pas d'Ursula, pas de Max, pas de Bârbel....
Photo RESTUBE
au pied du dernier mur, une belle bosse caillouteuse, j'arrete de courir, savoure ce moment imaginé si souvent lors de mes entraînements.









 je regarde le haut de cette arche qui se rapproche, je me baisse pour toucher du plat des deux mains le tapis rouge au sol, Harald s'éloigne (le règlement demandait au support de ne pas franchir la ligne en même temps que le coureur), je lui fais signe de revenir, on se prend par la main.....au droit de l'arche, on passe la ligne ensemble, Ca y est, je suis Stonebrixiaman finisher, il est 20h01.....



On aura finalement pas été aussi longs que prévu, une demi-heure de moins, du coup, mon trio sensé nous attendre à l'arrivée est monté sur le sommet en face pensant nous voir arriver et descendre de ce promontoire pour faire l'arrivée ensemble mais ça n'aura pas fonctionné, ....on est arrivés trop tôt!


Si on regarde de près, on verra sur la photo ci-dessus les trois petits points sur le sommet derrière à gauche: notre trio!

A peine la ligne franchie, on est agréablement reçus par Francesco, à bras ouvert pour une franche accolade, celle d'un ami plus que celle d'un organisateur, c'est hyper touchant d'être accompagné et reçu de la sorte, à vrai dire, du jamais vu. (....sauf pour Marcel Zamora à Embrun....)

Un vrai moment de bonheur partagé, on voit Francesco heureux d'accueillir ses athlètes au sommet, un régal! Il me remet la veste en duvet des finisher, encore un point positif, on est loin de l'habituel tee shirt finisher.

Il est temps de s'éloigner un peu de la ligne, mes poursuivant arrive bientôt.
Harald part à la recherche de notre trio....dans le local du restaurant d'altitude lié au téléphérique, personne! On est presque inquiets lorsqu'ils arrivent soudain. On est heureux de se retrouver, on rigole sur l'énumération de ce petit loupé.....
mais c'est un détail.
Bârbel me montre le cliché pris depuis le sommet en face quand Max à crié, "hé, ils sont là, ils arrivent!!!" Je trouve la photo géniale!
Photo prise d'en face....".ils arrivent !!!"



Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous


Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

ARRIVEE & APRES COURSE

Photo RESTUBE
La course est terminée.....mais pas tout à fait. l'organisation a une fois de plus pensé à tout. Le restaurant du terminal des remontées mécaniques de Passo Paradiso nous attend avec un buffet offert au coureur et leur support, royal. C'est juste incroyable, le buffet est top, les serveurs nous proposent tellement de trucs....mon estomac ayant fait des siennes peu avant, je reste modéré, deux cuisses de poulet, une soupe.....un dessert de fruits rouges et un eau gazeuse. Mais que c'est bon!
On ne traînera pourtant pas car la navette des descentes en téléphérique ne permettra d'avoir une benne que toutes les heures, on doit donc faire fissa pour chopper celle de 21h00.
On débarque à Tonale, prend la voiture pour le camping à Temu. Il faut encore passer par Ponte pour aller récupérer le vélo et les différents sacs. Un rapide aller et retour, les vélos ont été stockés dans un local sur la place centrale, tout est rangé au top!
Retour au camping, douche chaude et dodo!
Le lendemain, doit avoir lieu la remise des prix à 11h00 sur la place centrale de Ponte.....on arrive à 11h00 mais ils semblerait qu'on soit passé à coté. Effectivement, la cérémonie a eu lieu visiblement avant (!?) dommage, ça avait l'air chouette. Mais une surprise nous attend à l'hotel Mirella, un peu plus loin dans Ponte di Legno.
L'organisation a prévu un buffet de clôture. On se dirige donc vers l'hôtel, très classe.
Là, on halucine, c'est en fait un buffet digne d'un mariage qui nous est offert, au coureur et à tous les accompagnants. Juste incroyable.


On croise Francesco qui me demande de patienter un petit moment, il a une surprise pour moi. Il revient un moment plus tard avec une pierre. La pierre en question est gravée à mon nom, elle est là pour couronner l'arrivée d'hier. Un très beau cadeau!


Une belle manière de clôturer l’événement. Repus comme des papes, on quitte le local....


Après ça, place à la détente, savourer l'après course et profiter de la région, retourner sur Iséo et son lac pour se balader. Des souvenirs pleins la tête, on digère tout ça. J'apprendrais un jour après que j'ai fini 14ième de la course, la cerise sur le gâteau, même si en prenant le départ de cette course et en cours de course, le classement n'a jamais été un objectif.
En prenant le départ d'un course de cette ampleur, on vise avant tout la finishline, sans objectif précis de chrono mais plutôt avec celui de se faire plaisir.
La bonne nouvelle, c'est aussi que le lendemain de la course, je ne souffre d'aucune douleur particulière, je me sens incroyablement bien et le tour de vélo que je ferais 4 jours après me confirmera que la forme est bien là!

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous



Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

CONCLUSIONS

Sur la veste en duvet offerte à l'arrivée, cette phrase. Un beau résumé de ce qui n'est vraiment pas une course comme les autres.

Peter Oom, qui fini quatrième décrit la course en la comparant à d'autres courses extrèmes en ces termes:

"What a race! StoneBrixisMan was a completely INSANE race,
I have been fortunate enough to race in many spectacular races, including Ö till Ö, Ironman Hawaii, Xterra Maui, and many of the “extreme” triathlons – Norseman, Celtman, Swissman and now StoneBrixiaMan.
The Norseman is The original, The Celtman is the raw and rugged and the Swissman is a real beauty. StoneBrixiaMan surely qualifies as one of the great ones. The StoneBrixiaman surely will be the harder one with 4000 meters of climbing on the bike and 2000 on the run…"
Il conclut aussi: "Franceso and the rest of the team has created a fantastic event. Thank you for letting me experience it."

Et c'est tellement vrai! Tellement vrai que je resigne pour le départ en 2017. Le rendez-vous est pris. En attendant, restera ces traces écrites pour patienter tout l'hiver. ;-D

Encore une remarque, tout le long de la course on aura été suivis par des photographes et des caméramen. Les clichés et films sont visibles ici. Une avalanche d'images!

Photos:

Paolo Ferraglio 
https://goo.gl/photos/sRk9eMfgdhZ39Csq5
Giulia Greotti 
https://goo.gl/photos/WosFGp76oR38Fvof8
Daniele Pezzoni
https://goo.gl/photos/sStdm4nQzcbAWW5b7
Federico Rongaroli
https://goo.gl/photos/cfQkuSu4oHnZ5f4i6
Ottavio Tomasini
https://goo.gl/photos/1xCDcFdMqJ7LXW4y9


Vidéos:
https://www.youtube.com/watch?v=P1ahyLlqugk

https://www.youtube.com/watch?v=aVgxEyR8Emo&feature=youtu.be

Et si l'envie vous prenait de participer, le lien vers l'inscription ici:

http://www.stonebrixiamanxtri.com/

Pour lire les articles qui suivent, cliquer ci dessous



Ou 
aller dans le menu à droite en haut, en orange. Bonne lecture!

mercredi 9 septembre 2015

Embrunman 2015, COMPTE RENDU

Pourquoi un compte rendu de course (de plus) ?

On peut se poser la question, mes réponses en bref.

- Parce que ça me sert d'archive pour en retirer les informations puis d'en tirer les conclusions et (peut être) améliorer les courses à venir.
- Parce que ça me fait plaisir de relire (et revivre) précisément ce que la mémoire, sans ça, aurait altéré. ( ça c'est pour les jours de pluie)
- Parce que ça peut ouvrir l'envie à d'autres lecteurs de participer à ce genre d'épreuves qui restent malgré tout hors norme.
- Parce que l' Embrunman reste l' Embrunman mais que les conditions climatiques ou la manière dont on s'est préparé pour ça, entre autre, sont toujours très différentes d'une années à l'autre et donnent à la course une échelle de difficulté non prévisible.....j'adore !

Bon, pour le coup, même si les années se suivent avec les comptes rendus de mes participations en 2013 et 2014, la manière d'aborder l'épreuve, celle de la vivre et de la ressentir, sont différentes.

Certains trouveront ça long (ils auront raison), d'autres inutile (pas tors non plus), voir incompréhensible....à vous de juger ;-D




Embrunman 2015: AVANT LA COURSE


Cette année, peut être moins de coupure que l'année passée, malgré le pied cassé d'Août dernier qui m'avait laissé deux mois sans pouvoir nager ni courir mais qui du coup m'avait donné la motivation, celle de revenir au niveau laissé avant la fracture. En fait, ça m'a même fait sauter un cran avec des perf. sensiblement supérieures à celles de 2014 sur la partie vélo et course à pied.
Les épreuves de 2015 ont toutes pu voir une amélioration du classement avec un gain de vitesse sur ces deux disciplines (en dehors du tri. L du Salagou qui fut une catastrophe sur la course à pied)

Un autre facteur positif, l'intégration de séances en « collectif » avec la participation à pas mal des traditionnels tours à Vélo avec José du MAT (Montpellier agglomération Triathlon) qui m'aura permis de partager et d'échanger avec d'autres cramés de la discipline. Au passage de les remercier pour leur accueil et leur punch, j'ai beaucoup à leur devoir !

Deuxième événement collectif, à pied, avec le « Night Run Montpellier » qui m'aura permis de courir « social » et de pouvoir avoir des séances de 20K quasiment tous les jeudi soir, quand l'hiver et la nuit me motivent plus à rester à la maison que d'aller courir.

Le coté social des ces séances sera vraiment porteur positif cette année, après deux ans d’entraînements en solitaire.

Bon, coté des bornes enchaînées, les 7 derniers mois de 2015 auront permis de totaliser

5 330 KM totaux (4 889 KM en 2014) décomposés comme suit:

NATATION :
82 KM (90 KM en 2014) dont 58 en piscine (40.2 KM en 2014) et 28 KM en mer (49.8 en 2014)
VELO : 
4 317 KM (3 934 KM en 2014)
COURSE A PIED : 
930 KM de course à pied (824 KM en 2014)

A noter, 600km ont été effectués au mois de juillet en vélo-sacoches avec Ursula (Bordeaux – Hendaye et un peu plus... )

Les dernières séances ayant été 120K de vélo le dimanche, puis 10K de course à pied le lundi, ensuite la reco. du Chalvet le jeudi et pour finir 1,5K de natation dans le plan d'eau d'Embrun le vendredi 14 Août avec un bon feeling.
Entre temps, le mardi pris pour la préparation des affaires, le jour du départ, à l'arrache, un peu comme d'habitude.
J'ai du mal à intégrer le fait que la course se déroule le samedi qui vient, après l'avoir imaginée des fois et des fois, cette fois on y va, « l'Embrunman, c'est Maintenant ! »


On prendra le temps d'arriver sur Embrun avec deux étapes en mode touriste, passant par les gorges de May, profitant de l'occasion pour visiter des lieux devant lesquels on passe d'habitude sans s'arrêter et dormir au bord du torrent avant de retrouver Gernot (beau frère), Caroline (belle sœur), Muriel et Léna (cousines), qui sont en vacances sur « Lagrand» non loin d'Orpierre, et qui ont prévu de venir
On les rejoint pour un petit déjeuner copieux avant de passer la journée au bord de la rivière, tranquille, c'est le maître mot de ces derniers jours.
encourager le beauf que je suis le 15 à Embrun. Va falloir assurer !
Le soir on repartira pour un bivouac sur Réallon avec le jeudi matin une petite rando, toujours tranquille, au dessus de la vallée, histoire de se dégourdir les gambettes. Il fait beau et chaud et le meilleur se profile au niveau météo pour le jour de la course. Je veux du soleil !





Arrivée sur Embrun, beau temps, prise de l'emplacement sur le camping des Tourelles, le même depuis trois ans.....va falloir changer !
Tiens, et si on s'écoutait ça en lisant........https://www.youtube.com/watch?v=Yc4er-Y-BB8
A peine le repas pris, on partira Ursula et moi pour la reco du Chalvet en mode rando., histoire de repérer si les bosses, les trous et les gravillons sont toujours là et desquels il faudra se méfier dans la dernière descente sur Embrun à partir du KM 181, partie ou l'attention devra rester au taquet, malgré la fatigue accumulée de la partie natation et vélo.

La météo change, des pluies éparses viennent nous rafraîchir dans les lacet du Chalvet sans vraiment nous mouiller. Les prévisions pour le jour de la course nous laissent pourtant espérer passer entre les gouttes. On y croit.

Sur le retour, on en profite pour faire le crochet par la salle des fêtes pour le retrait du « pac » coureur, avec le dossard, la puce, le bonnet, le tee shirt plus fluo que fluo auquel on a droit avant course......aurais-je droit à celui du finisher ? Hummmm, la question reste entière, car, même si cette année j'ai un moral solide, campé sur la position de profiter un max. de cette course et de la boucler coûte que coûte, on peut toujours avoir des impondérables, une casse mécanique sur le vélo, une chute....

Vendredi matin, petit tour sur le plan d'eau, le beau temps est revenu, je nage un tour de plan d'eau afin de prendre mes repères et me rassurer sur ma natation pour le lendemain matin, le tour sera bouclé sans forcer en 25 minutes, plutôt bon pour le tempo, la température de l'eau est parfaite, autour de 21/22°C. Ça laisse espérer le meilleur pour demain !

Retour au camping pour le repas de midi. Un point météo.....aï, ça à l'air de se gâter, des orages sont prévus pour cet après midi et il semblerait que pour demain, la pluie soit plus présente que prévue avec une baisse sensible de la température. Pas bon !

Le stress là dessus commence à monter, JE VEUX DU SOLEIL ! C'est pourtant pas compliqué, non d'un chien !

Effectivement, l'après midi, le tonnerre de fait entendre au loin d'abord, pour finalement nous rejoindre, le vent, le front froid, arrive plein fer, on retend un peu la toile de protection au dessus de la tente et ......on attend, d'abord dehors, un peu recroquevillés sous les quelques m² au sec.....avant de se résoudre à rentrer dans la Quechua 2 sec. pour une sieste imposée par ce temps pourri. Le réveil est calé sur 16h00, car on doit, quoi qu'il en soit, descendre au parc de transition pour y laisser le vélo puis assister au briefing de la course calé à 17h00.
Les zombies bleus attendent une accalmie

Il pleut des cordes, le vent souffle, j’essaie de ne pas penser, laisser la pluie de coté pour m'endormir et espérer que demain sera sous des cieux meilleurs, car passer plus de 13h de course sous la pluie ne me passionne pas, j'ai même horreur de ça, et l'idée de pédaler sous une pluie froide me rebute. …..


L'heure de descendre à sonnée, on prend, Ursula et moi, la décision de partir en voiture, malgré la certitude qu'on aura un mal de chien à trouver une place pour se garer. En bas, effectivement, c'est le bazars, tout le monde aura attendu la dernière minute pour ne pas se mouiller et si on arrive à se garer sans trop de problèmes, l'entrée dans le parc de transition voit s'allonger une queue d'attente digne de celles qu'on imagine devant un musée parisien à l'ouverture d'une expo. renommée.


Une accalmie permet quand même de se positionner dans la queue sans trop se mouiller, la tenue de rigueur restant la veste gore tex, le poncho ou....le ciré de marine, on reconnaît les bretons !

De son coté, l'organisation fait un bon boulot en divisant la queue en quatre ou cinq, par n° de dossard, et ça va finalement assez vite.

En rentrant sur le parc, c'est un mini chaos, le vent d'orage à couché pas mal de barrières, soulevé les tapis, fait tombé les trépieds des baffles en bout de rangées. Des vélos arrivés là avant l'orage sont au sol, dans des flaques d'eau.                                              
Les tapis bleus sont noyés sous plusieurs cm d'eau, et l'organisation nous demande de ne pas disposer les vélos sur les barrières comme d'habitude mais de les caler du mieux possible au sol ou ailleurs sans risque de les voir malmenés par des rafales qui pourraient encore venir.


Mon emplacement, rangée 24, en queue de gondole coté lac, au top ! Sûr de ne pas avoir à chercher sa monture quand on sort de l'eau.



Le vélo est donc laissé là, pour une nuit, avec un gros sac poubelle découpé pour l'occasion, recouvrant la selle, la chaîne, le dérailleur avant et arrière.



J'ai du mal à laisser mon vélo sur ce parc détrempé et l'imaginant sous la pluie toute la nuit....mais on sera 1300 à devoir le laisser dans les mêmes conditions, pas le choix.
En ressortant, je croise des experts qui font le décompte des dégâts sur différents matériels couchés au sol, qui par endroits entravent le passage.
Une nuit de réparation attend les techniciens afin de rétablir lumière et son sur le parc, tout doit être prêt pour demain, 4h30 à l'ouverture du parc et l’accueil des 1300 coureurs.

La préparation des affaires de course est un peu compliquée, avec la pluie qui tombe encore au retour sur le camping et les idées qui ont du mal à suivre.....faut rester concentré, la course commence maintenant. Ne rien oublier, le check-list est méticuleusement fait, le choix des vêtements, de l'alimentation, faire rentrer ça dans la caisse imposée par l'organisation, le reconditionner dans un sac à dos , plus pratique pour la descente d'une 20 aine de minutes jusqu'au parc au plan d'eau.

Tout est ok, on peut préparer le repas du soir, céréales méditerranéennes et tomates.

Au lit vers 21h30, c'est parfait, suffisamment tôt pour bien dormir. Réveil réglé à 3h15.
La nuit est assez bonne, bien que, quelques réveils soient venus l'entrecouper, je ne peu pas m'empêcher de regarder l'heure, 11h20, chouette, encore 4h00 de sommeil.....1h50, hummm, reste encore 1h30 environ, je me sens déjà assez reposé et replonge jusqu'à....3h10, le réveil n'aura pas à sonner.

Je sors de la tente, tout est tranquille, un coup d’œil vers le ciel, quelques étoiles sont là, pour me rassurer, ça n'a pas l'air complètement pourri. Le thermomètre indique 12,7°C, ça colle avec les prévisions, il annonce aussi des grosses pluies.....j'essaie de rester optimiste et m'interdit d'aller sur la page de météo France. Je prends le temps de préparer un café, mon bol de céréales + lait de soja (j'ai arrêté le lait de vache depuis 72h00), biscuits Gerblé petit dèj., tout ça en mâchant du mieux possible, la course se joue aussi sur ce genre de détails. (je pense)
Petit tour au toilettes, la tri fonction sera cette fois enfilée seulement sur le parc, juste avant la combi., ça évite les gymnastiques compliquées et les pertes de temps.

4h20, tout est OK, je me sens bien incroyablement serein. Je peux descendre. Un petit bisous à Ursula, c'est parti ! Sac au dos, caisse pliée sous le bras.

La descente sur le parc se fait en solitaires, quelques voitures passent, des Zombis triathlètes au volant. Au loin, les phares et feux convergent aussi tous dans la même direction, quelque chose se trame dans l'obscurité, mué par cette même énergie, "l'Embrunman énergie", qui se libère petit à petit et qui irrigue les veines des participants, de leur proches venus les soutenir, un élan extrêmement positif.

L'entrée au parc se fait après avoir franchi le comité d'accueil des vigiles de la sécurité, bracelet coureur, casque sur la tête, jugulaire fermée, dossard et marquage doivent être visibles, un peu plus loin, on recommence avec les arbitres qui veillent à ce que rien ne dépasse de la caisse, mince, je déplie la caisse et y bourre mon sac à dos. Ok, « bonne course » me souhaite l'arbitre, la moquette bleue est là pour accueillir les pas feutrés de 1300 athlètes au départ.

Je vois que je suis relativement plus tôt que les années précédentes et c'est confortable de prendre son temps, sans stress. Rangée 21, tout au bout, coté lac, mon vélo m'attend, il n'a pas bougé et le sac plastique aura joué son rôle protecteur au poil.

Je procède aux préparatifs habituels, vélo sur la barrière, suspendu par la selle, le compteur mis à zéro, le braquet sur 34/16 pour partir facile sans cramper sur les pédales, élastiques sur les chaussures, accrochées au pédales, élastique sur blocage de roue à gauche, sur le dérailleur avant à droite, disposer la caisse sous la chaise, chaussure de course à pied « prêtes à », avec chaussettes dedans, dessous, le sac trail avec mes ravitos perso. (compotes de fruit, barres salées) et 75 cl d'eau, une casquette pour.....la pluie ( !?) … le tout sous un sac plastique afin de ne pas les retrouver pleine de flotte à mon retour de vélo. Les affaires sèches d'après course sont aussi là dessous dans un autre sac plastique.

La veste vélo est posée sur le dossier de la chaise, dans les poches du dos, barres salées, nougat et pâtes d'amandes + biscuits ptit dej. Gerblé et compote de fruits, mais aussi la veste coupe vent.
Les manchettes sur les accoudoirs, chaussettes sur le plat de l'assise.....
Il est temps d'enfiler la tri fonction, dans la noirceur du parc qui commence à s'agiter, le DJ balance de la musique pêchue, contrairement aux années d'avant ou un silence presque absolu y régnait.
J'aurai préféré des trucs un peu plus soft qu'une espèce de salsa techno peu propice à la concentration dont j'ai maintenant besoin.

Après la tri fonction, la combi est vite enfilée, la température est assez agréable. La montre allumée en mode « multisport », les bouchons auriculaires autour du coup et le bonnet coincé dans le coup de la combi, un dernier coup d’œil à la chaise en répétant les gestes qu'il faudra faire à la sortie de l'eau pour ne pas perdre trop de temps. J'ai les idées claires, preuve que le stress n'est pas au maximum, juste ce qu'il faut pour attaquer sans mollesse.


Je me dirige vers le sas de départ qui n'est pas encore ouvert, assiste au départ des femmes, 5h50, 10 minutes avant la meute pour ne pas subir les affres du tambour de machine à laver, mode essorage.
Tout de suite après le sas s'ouvre, on ne change pas les habitudes, à droite toute, le plus devant possible pour ne pas trop subir le raz de marée de près de 1300 gars à l'eau (- 69 féminines je crois).
Je me rapproche de l'eau pour mouiller mes lunettes et diluer l'anti-buée que j'y ai mis. J'entends soudain la clochette, celle qu'Ursula amène à chaque course et qui me permet de la localiser à tous les coups. C'est chouette, elle est juste là, à 5 m, tassée dans la foule qui c'est entassée pour ne pas louper ce moment hallucinant du départ de nuit.

Stéphane Garcia, incontournable animateur des triathlon de l'hexagone est là qui chauffe le public et les coureurs. On entend la même musique à fond les manettes quelques minutes (encore et toujours Kavinsky – Roadgame > https://www.youtube.com/watch?v=N8ZAx_OvKpM)
......puis plus rien, problème de sono....comme un peu chaque année, mais bon, on regarde nos montres, le mec de derrière me fermera la combi, les bouchons dans les oreilles, bonnet sur la tête, lunettes sur les yeux, on peut enfin y aller, on applaudit, on est dans sa bulle, il fait noir, les spectateurs crient des « allez Marcel (Zamora, quintuple vainqueur)», « Allez Papa » « Allez Tonton », les visages se crispent la tension est maintenant palpable, je me projette dans les minutes qui vont suivre, se placer, placer sa nage, profiter, profiter de ses instants uniques, l'émotion est au taquet.....le stroboscope est en marche, les flash des appareils photos crépitent....