mardi 6 août 2019

TRIATHLON -L- DE LA MONTAGNE NOIRE

Photo Ursula Perrier



Allé, un petit compte rendu de ce format triathlon L : 2km de natation, 88 de vélo, 21 de course à pied. La course accueille cette année le championnat d’Occitanie Longue distance et du coup, fait le plein. 140 coureurs au départ (avec les DNS, plus que 128 ;-( ), pour effectuer un parcours plutôt sélectif.
Niché au cœur du petit village de Fontiers Cabardes, 450 habitants dont pas mal seront bénévoles, les stade mis gratuitement à disposition des campeurs, douches chaudes dans les vestiaires etc….le décor est planté de belle façon !

La natation, 3 boucles et deux sorties à l’Australienne dans un petit lac barré par une retenue. Le parc de transition T1 sur le barrage, une eau à 17,8C° qui nous permettra de porter la combi.., fort agréable !

Le vélo, lui, s’effectuera en deux boucles sur des routes sinueuses et bosselées et parfois assez « rugueuses », rendant assez peu dans les montées et ne permettant pas de lâcher les rênes car aussi en permanence entre ombre et soleil. Un cumul d’un peu plus de 1300 m de D+ sur ce parcours.


La course à pied, on partira du centre village où se situe le deuxième parc de transition (éloigné du plan d’eau d’environ 5km). De là, parcours typé trail avec un maximum de passages en sous-bois, ombragé donc, avec des bon tirs sur le premier km puis des longs faux plats sur les 4 km qui suivent avant de redescendre sur le village avec certaines parties assez techniques, ça deux fois. Ca promet !


Coup d’envoi à 9h30 après une transhumance collective de tous les vélos depuis le centre village vers le plan d’eau et la T1, l’occasion de se détendre avant la course en discutant avec les gars d’à côté.
Photo Ursula Perrier
Photo Ursula Perrier

Installation rapide (15mn entre l’arrivée sur site et le coup de sifflet du départ !) du vélo sur sa barre et enfilage de combi.. A peine le temps de se mouiller la pointe des pieds, c’est parti !!!
Photo Ursula Perrier

Ca part vite, très vite, je cravache sur la première boucle pour rester dans un petit groupe un peu détaché de la tête, le demi-tour vite enquillé…..et première sortie à l’Australienne, on voit la tête de course à quelques dizaines de mètres, splatch, 
Photo Ursula Perrier
ça plonge et ça repart pour un deuxième tour de manège, un peu moins rythmé cette fois mais toujours en prise….deuxième plongeon, les boucles s’enchaînent de manière presque ludique, je tiens ce groupe et éprouve de bonne sensations, ça glisse bien en combi !
Photo Ursula Perrier
Dernier demi-tour, je prépare mentalement ma T1, la berge raide arrive, clic, clac, ça court sur le barrage, la combi s’enlève un peu mal mais ça passe, un coup d’œil au parc encore très-très plein, de bon présage, je dois être dans le top 15/20. (en fait je suis 14ième à ce moment-là de la course, la montre indique une allure de 1min16 au 100m….heuuuuu, pas sûr que ça débloque pas un peu là la Garmin)
Photo Ursula Perrier
Photo Ursula Perrier
Photo Ursula Perrier
Photo Ursula Perrier


Hop, casque sur la tête, du mal à boucler la jugulaire, pof, c’est parti, pousser le bike sur les 40m qui me séparent de la ligne de montée sur le vélo, accompagné par la cloche et le encouragements d’Ursula, j’enfourche après une ligne bleue au sol…..STOOOP ! !! hurle l’arbitre, il fallait enfourcher 1 m plus loin, sur le tapis, et redescend et stop and go et repars 1 m plus loin….GRRRRRR !
Le vélo attaque par une pente qui sans être raide, ne laisse pas de répit. Le scénario envisagé, lever le pied pour en garder sous le pied pour la partie course à pied. Je roule seul sur un bon 5 km avant de me faire doubler par un gars de TRI 12, on échange quelques mots sur l’état de la route, il a fait second il y a deux ans, ouille, on va essayer de la garder en point de mire.
Photo Ursula Perrier

Un second, de Toulouse triathlon passe aussi devant sur les premières pentes montantes. Je ne m’affole pas, vu le niveau des gars, je dois faire une course à mon rythme sans essayer de suivre.
Calé sur les prolongateurs,  les pourcentages de pentes pas très importants (6%) permettent de pouvoir entraîner le vélo sans trop relancer à part sur quelques coups de cul. A ma surprise, je recolle les deux gars devant dans le long faux-plat montant qui nous amène à un lac avant la bascule et passe devant. Je ne me retourne pas, je dois faire ma course…..et ils repassent devant dans les faux plats descendants, on jouera ainsi au chat et à la souris sur l’ensemble du parcours.
Ursula, comme par miracle se trouve en bord de route, j’entends la cloche et la devine à gauche avant un virage à gauche, c’est top ! Juste après, ravito, banane et bouteille d’eau, se sera la tactique alimentation sur la boucle d’après, avec un complément d’une compote et de deux morceaux de pâte d’amende.
Photo Ursula Perrier

Les descentes sont très sinueuses et on doit garder une attention permanente pour ne pas louper un virage ou éviter un nid de poule. Pour autant, on évolue dans un décor de sous-bois, la traversée de villages, de coteaux arrondis, de petites gorges avec le son des torrents, hyper agréable, la plupart du temps à l’ombre, bien appréciable après les sessions d’entraînement caniculaires ou le fait d’être un petit peu en altitude (presque 900m sur le point culminant du parcours vélo) rend l’air plus respirable.
Les sensations sont bonnes et c’est avec un sourire affiché que je parcours avec délice l’ensemble de ce parcours vélo. Mes camarades de Toulon et Rodez passent devant quelques km avant l’arrivée, je laisse partir et prépare ma T2. Plongeon sur le village, ça roule très vite, les sifflets des bénévoles avertissent notre venue pour la deuxième fois, on se croirait un peu dans un jeu vidéo, chaussures ouvertes, pieds dehors, la T2 à gauche toute, hop, un petit bond et les pieds touchent le sol, irrégulier et mou (herbe), je manque me casser la figure en choquant les genoux, je me demande si c’est uniquement le sol ou si j’ai une petite défaillance ( ?)
Vélo posé, je prends la décision d’enfiler une paire de chaussettes pour éviter les ampoules sur ce parcours  technique….le coureur du TRI 12 part déjà, j’embraye derrière, à quelques 15 secondes mais déjà, il est invisible.
Photo Ursula Perrier

Ca attaque par une succession de petits lacets descendants assez raides et les sensations sont curieusement assez bonnes, les quadris semblent  encore assez fraîs et quand la pente se calme et qu’on attaque la montés, ça répond plutôt bien, même si je m’entends haleter comme une vache malade, en fait, je suis à fond et pourtant la sensation de douleur ou de fatigue n’est pas (encore) présente. Merci les endorphines !
Le premier km monte sévère et je suis lent, malgré-ce, je rattrape un concurrent qui va encore plus lentement, ça me booste et je me dis que contrairement à mes craintes sur cette partie pédestre, ça à l’air de plutôt pas mal se passer……mais deux fusées arrivent par derrière et sans état d’âme, me passent, me déposent ! Je le prends en dérision, leur reprochant de ne pas avoir de respect pour les vieux ! La bonne humeur est de rigueur, je veux juste en profiter !
Un raidar de folie arrive, les mecs devant marchent, je pense qu’aucun coureur ne l’aura couru celui-là, en sous-bois, terre meuble, pierres, racines…..150m de très-très raide…a peine sorti, ça relance, on est parti pour 5 km de pente régulière, alternance de sous-bois, un peu de bitume, du gros gravier qui dérape bien, du foin en dévers ( !)…..passage en plein soleil….avant la bascule et une descente de 5km au milieu des fougères. Un régal.
Photo Ursula Perrier

Niveau jus, ça a l’air pas mal, je reprends même un des deux avions qui m’avait déposé dans la montée, mais ne m’enflamme pas, il reste une boucle que maintenant je connais, ça va être rude !
Traversée du village, du public et la descente me font croire que tout va bien….mais attention, la montée revient, et cette fois, je sens mes forces à un niveau….on ne peut plus bas !
C’est au mental que je me persuade de na pas lâcher, contient d’une place dans le classement pas trop pourrie, il faut tenir, sinon, je vais me retrouver bien loin !
A nouveau le raidar, marché, explosé, les mollets en feu, le palpitant à 2000, les yeux dans le vague, la sortie, relance de chamallow, guibolles en guimauve… il faut tenir…encore 4 km de montée, une paille. Mais une belle paille, les graviers, le foin, le soleil, tout vient contre moi….ho, un gars qui marche devant, je me rapproche….je le double….juste avant de me faire décoiffer par un vrai bolide…..je ne suis plus sûr de combien m’ont doublé et de combien j’en aurai doublé……ca revient encore 1 petit km avant la bascule, encore un gars qui passe, pas vite, mais il passe, combi bleu-blanc-rouge, marqué FRA…..je ne suis plus là, le mode pilote auto. en route, j’attends la bascule, regarde la montre, encore un petit kilomètre, « cours » me dis-je, « cours, sinon, tu vas dégringoler dans le classement », et je m’accroche, dernier petit virage à droite, raide dans la forêt, un gars qui est sur sa première boucle, à l’arrêt, main sur les cuisse, baissé en avant, il a l’air mal…je lui dis que le ravito est à 200m, mais il ne réagit pas…..je le signale au ravito, il envoient quelqu’un.
Dernier verre d’eau englouti, je me dis que les jeux sont faits, et déroule cette descente en gardant à l’esprit qu’il faut rester vigilant, ne pas se faire une cheville, ça trotte comme ça peut, mais ça trotte, je me retourne de temps en temps, rien derrière, j’ai mal au genou gauche, mes chaussures route sont trop souples pour ce dernier bout de caillasses interminable, j’ai mal à la plante des pieds, mais c’est long comment un Km ???.
Enfin, je me rapproche du village, le passage des chouchous, je manque louper l’arrivée en allant tout droit au lieu d’aller à droite (pour moi je devais arriver dans l’autre sens et pour ça faire un tour de place de village avant la ligne) je heurte finalement le bénévole posté là (pardon !) et c’est le son de la délivrance qui est donné à mes oreille en la clochette d’Ursula que j’entends me crier « dépêches-toi si tu veux passer sous les 5 heures »….je vois le panneau lumineux à 50m, 4h59min50 sec…..mord de rire, turbo, on va essayer de passer symboliquement sous les 5 heures, à fond, la pente herbeuse offre un tartan 5 étoiles pour un finish rapide, BIM, la ligne est passée, le corps peut relâcher, la tête avec, courbé sur mes cuisses, c’est le speaker qui me pose des questions, trop explosé, il me faudra une minute pour reprendre mon souffle et remercier l’organisation de cette mise en place remarquable, sans doutes tout aussi remarquable qu’exigeante !
Photo Ursula Perrier

Bilan des courses, une 15ième place Scratch, 2ième V2….j’aurais signé pour moins que ça, réussissant à garder une place dans le classement stable depuis la natation sans me faire exploser (un peu quand même) sur la partie course à pied malgré la pénurie de séances sur cette dernière discipline ces dernières semaines.


La satisfaction viendra aussi du fait que les gars devant sont des bons (Damien With 14ième, premier temps natation, 17ieme sur l’Embrunman, Stéphane Torrens 11ième, coureur ITU, Nicolas Mazetier 10ième, 9h34 à Nice, ou encore Ludovic Paul, 10ième….. , qui n’ont peut-être pas eu leur niveau habituel ce jour-là mais qui me permettent de coller pas loin derrière.(là aussi j’exagère, mais j’ai choisi de gonfler mon égo dans ce CR ;-D)
Temps final, je ne pouvais pas l’oublier, 5h00min00sec.fallait le faire, pas vrai ?
Dernière autosatisfaction, je me place avec cette course N°70 du classement national TRICUP T2 Aréa longue distance, et, 2ième V2M ! (mais je devrais vite ripper vers l’arrière).


Prochaine course, l’ICON Xtreme Triathlon le 31 Août 2019, à Livigno en Italie, du bien gras!





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