vendredi 13 septembre 2013

EMBRUNMAN 2013 : APRES LA COURSE

EMBRUNMAN 2013 : APRES LA COURSE, FINISHER   13H32Min29Sec.

Dans l’espace d’arrivée, on me passe la médaille finisher autour du coup, on me demande la taille du Tee shirt, un type au crâne rasé planté dans un bermuda camouflage me félicite me serrant la pogne avec un « bravo mec ». J’ai du mal à parler, ça m’essouffle, je dois m’assoir sur une espèce de parquet disposé juste derrière la ligne d’arrivée. Max me regarde, je lui dis que je me pose 3 minutes avant d’aller récupérer les affaires et le vélo à mon emplacement.
Je me lève donc et prend la direction de l’entrée du parc, sous une tente à gauche floquée « espace détente » je vois qu’on peut profiter d’une collation. Une hôtesse red bull m’ouvre une canette, je la prends, boit deux gorgées, bof, pas terrible. Je m’assois et on me propose un passage par la case ostéo. Que oui ! Deux minutes plus tard, une place se libère. Ouaa, la classe. Un vrai massage de 20 minutes, plante des pieds, mollets, cuisses, dos, ventre, coup, tête, tout y passe et l’effet relaxant est plus que véritable. J’ai du mal à m’arracher du banc de massage quand je comprends que c’est terminé. L’Ostéo qui n’en est pas à sa première séance sur la finish line d’un Iron Man me met à l’aise en me disant de me relever doucement et me disant de prendre mon temps. Ouf, c’est dur, le passage en position assise se fait facilement mais le ramassage de mes affaires tête en bas pour me relever dans la foulée me met au pli, je comprends que je dois avoir une tension faiblarde car une espèce de black-out de quelques secondes se fait sentir….je reste pourtant debout, les yeux ouverts sans rien y voir. Bon, ok, on va essayer d’y aller doucement. Max est avec moi et je lui dis qu’on va aller chercher le vélo et mes affaires sur le parc à vélo. On y va, Ursula est derrière la double rangée de grillages, elle me demande un truc, j’ai du mal à entendre à cause de la sono qui hurle pas loin derrière. Quand je veux lui demander ce qu’elle dit, le fait de hausser la voix me semble être un effort considérable, je lui fais signe « temps mort » et communique alors par signe pour qu’elle repose la question. Bon on finit par se comprendre, je me dépêche et on sort dès que possible. Le rassemblement des affaires est astreignant à ce niveau de fatigue, j’ai tout à coup froid et ai une perte de sensation sur les faces externes des pouces et des extrémités des doigts, alerte niveau orange, tension basse. Bon, je cherche ma polaire, mince, j’ai posé la combi dessus à la transition N°1 et elle a eu toute la journée pour en absorber la flotte. Pas grave, je mets la polaire mouillée, se sera toujours ça.
Je prends le temps de plier la combi pour la ranger dans son sac afin de ne pas l’abimer, au prix où ça coûte, fin par tout rassembler dans la caisse et mon sac à dos, aller, on peut décrocher le vélo et se diriger vers la sortie du parc. Max me demande si il peut me prendre en photo, hummm, je me sens pas super bien, la photo confirme avec la salle tronche que je tire. Cette fois c’est parti, on prend la caisse à deux, le vélo dans l’autre main, le sac sur le dos. On arrive à la ligne des juges pour rendre la puce, là, une espèce de fièvre monte soudainement, de celle qui précède un vomito, bouuuh, je dois poser la caisse et dois me pencher sur mon vélo, la tête sur la selle…. « ça va pas grand ? » me demande un membre du staff, je lui réponds que je me sens faiblard, que ça devrait passer. Il me conseille d’aller voir à la tente Pompiers pour une prise de tension. Bon, on y go. Je m’y pointe avec Max, je m’assois en attendant l’enregistrement, et hop, le vomito qui s’en vient, les deux gorgées de red bull, suivie d’un joli jus d’orange, bizarrement triés, d’une couleur impeccablement orange pour le second. Un pompier me demande si c’est OK ? Ben….ça pourrait aller mieux mais ça m’a permis d’aller effectivement tout de suite beaucoup mieux. Il me dit que c’est du à la déshydratation, on boit trop, l’estomac ne digère plus les quantités de liquide et se ferme, du coup, on se déshydrate. OK, alors allons-y, je suis assez vite pris en charge, on me demande d’aller me placer sur un lit « pico » dans la tente de gauche, j’avertis Max qu’on risque de croiser pas mal de mecs qui eux aussi vomissent. Oups, effectivement, la tente est pleine à craquer de types couchés, à gauche, fait du hasard ( ?) tous sont sous des couvertures de survie. Je prends la seule place libre et attend assis sur le bord du lit. Les toubibs sont affairés, ça va dans tous les sens, le niveau sonore de la tente est à la limite du supportable, placé à quelques mètres de la sono en parallèle de la ligne d’arrivée ! Après 10 bonne minutes, on me demande si quelqu’un s’occupe de moi, non pas encore, on vous envoi quelqu’un. Ok, ça dure encore n peu avant qu’une « chef » de la croix rouge me prenne la tension….8.5 au min, ok, perf de glucose ! Mince, je vais donc faire partie des perfusés ? Mince. Bon, la perf arrive peu de temps après mais ça fait déjà au moins 45 minutes que j’ai dit à Ursula qu’on allait sortir dans la foulée. Elle m’a dit qu’elle avait laissé  son portable dans un autre sac. Comment la joindre ; Je demande à Max si ça va, peut il sortir de la tente et aller voir le premier mec du staff qu’il croise pour lui demander de se rapprocher du speaker de la ligne d’arrivée pour qu’il fasse un appel, il y va, revient en me disant qu’il ne va pas y arriver. Hum, bon, on recommence, allez, il faut prévenir maman à tout prix, elle va commencer à flipper. Max repart, une bonne dizaine de minutes s’écoule quand j’entends l’annonce du « petit Max Perrier qui attend sa maman sur la ligne », super, ça a marché. Quelques minutes plus tard malheureusement, Max revient, bredouille, personne n’est venu. J’en parle à une personne de la croix rouge qui va essayer de voir ce qu’elle peut faire…..bon, je passe les détails, ça va, ça vient, on demande si le N°1169 est dans la tente, on repart….bref, je ne sais pas si Ursula sait enfin que je suis là et que c’est OK. Je demande à un pompier si il est possible d’accélérer la perf qui coule vraiment hyper lentement par rapport à celle de mes voisins, il me demande comment ça va, ça va plutôt pas mal, surtout si je regarde les mecs autour de moi, certains sont amené sur des civières, des mouvements rapides du personnel dans la tente laisse sentir des situations d’urgence, les toubibs sont très convoités semble t’il. Ils décident d’évacuer mon voisin gauche dont la tension ne remonte pas. Enfin, on me reprend la tension, 10.5, ok, je vais pouvoir partir avant d’avoir fini la perf..
Ouf, libéré, il faut encore rendre la puce….où est mon matos ? Le mec du staff qui m’a envoyé dans la tente les a rangé mon vélo et la caisse je ne sais où, un arbitre me montre un cabanon où les affaires des perfusés sont accumulées. Je fini par trouver ma caisse, mon vélo, allez, rendre la puce….non d’un chien où est elle ? Là pareil, après avoir vidé mon sac, la caisse, tout retourné, je la vois, accrochée à mon guidon. Pffff, on peut y aller ? Ben dis-moi, c’est pas simple cette histoire. Enfin, j’arrive à quitter le parc. Ursula poirote depuis maintenant 1h30, il fait nuit, elle prend la caisse et on rentre ! Maintenant, je pète de chaud, je peux quitter la polaire et arborer le tee shirt de finisher. Perfus‘man me dis-je dans ma tête en souriant. On doit encore traverser la ligne droite d’arrivée où le staff à crée une traversée en ouvrant deux barrières, on laisse passer une série de finishers, on y va. Un mec me félicite, « bravo finisher »…drôle de truc ça quand même.
On fait une petite pause avant d’attaquer la montée car j’ai fin, Ursula aussi, il est presque 10h00 et on a rien avalé depuis un moment. On partage des sandwiches au jambon que j’avais laissé au parc (humm, c’est encore bon ça ?). Ca se mange bien, une barre de céréale coupée en deux, Max mange une banane !
Allez on repart, Max râle, il dit qu’il est fatigué, je peux le croire, après cette journée de supporter. Ursula prend la caisse sur son porte bagages, on enfourche les vélos, c’est parti pour la montée soutenue jusqu’au camping des tourelles, après le pont de la voie ferrée. A ma grande surprise, ça monte plutôt bien, la perf. de glucose fait son effet.
Le camping est atteint, je me dis RE-U-SSI ! On organise un repas rapide, Céréales frosties, douche tiède (je me gèle grave) et dodo. Il s’en est passé des choses depuis ce matin quand j’ai quitté la tente. Je rentre dans mon duvet et m’allonge, je crois que je vais bien dormir, gavé de fatigue, gavé d’images de la journée, heureux comme pas permis.
Deux heures plus tard, mince, la même fièvre que celle que je me suis tapé en sortant du parc est là, je grelotte, j’ai envie de vomir…..je sors en urgence de la tente….et un vomito de frosties. Quesque c’est que cette histoire, je croyais que ça allait mieux. Bon, j’épargne les détails, mais 1, 2, 3, 4, 5 fois comme ça  à environ 45 minutes d’intervalles, je décide de finir la nuit dehors, blottis dans mon duvet, assis dans un Lafuma, plus facile à gérer que les sorties de tente en 4 ième vitesse. Les spasmes se ferons de plus en plus rares, le jours se lève, je suis rincé, après l’Embrunman cette nouvelle épreuve m’a anéanti.
Notre voisin de camping, un « Ultra-trailer », me concocte un petit dej. hyper digeste avec une poudre recette perso à mélanger à de l’eau. J’arque jusqu’à la table pour déguster ça avec un thé « yogi tea » corsé, sucré au miel d’acacia, une pure merveille et un coca frais qu’Ursula m’amène, le bonheur !

Les petites gorgées que j’avale me transpercent, j’ai l’impression que chacune d’entre elle m’apporte une énergie palpable. Je resterais en mode convaléscence comme ça les deux tiers de la journée. En fin d’après midi, doucement pas trop vite, on prend la voiture pour aller faire des courses à l’intermarché du rond point. Je marche, doucement, la posture debout est tout de même fatigante, je pourrais presque m’assoir au rayon jardin. On sort de là pour aller se poser un moment sur l’herbe du plan d’eau avant de remonter au camping. Les finishers sont reconnaissables, pas forcément au tee shirt qu’ils portent mais aux démarches lentes ou boitillantes, aux manchons de compression. Des groupes se disent au revoir, la fête est terminée. On rentre à la maison. Nous, on repartira demain pour un petit road trip dans les alpes avant de rejoindre la Bavière pour le reste de nos congés.

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