mercredi 18 septembre 2013

EMBRUNMAN 2013 : LA NATATION

EMBRUNMAN 2013 : LA NATATION 1H03Min03Sec.

Avant donc que le réveil ne sonne, je me glisse hors de mon duvet, Ursula est aussi réveillée. Bisou de la force, je sors de la tente. Clac ! Le camion bleu s’ouvre à grands coups de Warning pour ravir nos voisins directs qui m’avoueront avoir fait du « fractionné » cette nuit-là, en termes de sommeil.
Petit dej. à la frontale, café chaud, céréales, gâteau sport maison (lait de soja, figues, raisins secs, sucre, amandes et noisettes). Un petit tour par le bloc sanitaire pour lâcher un peu de lest avant d’enfiler la trifonction. Je me gèle ! Un oeil sur le thermomètre, 14°C….j’ai peur d’avoir froid pour la natation. Bon, on verra bien. La caisse est prête, le sac aussi avec les affaires de natation. OK, c’est l’heure de partir, 4h45. Je pars dans le noir, à pied, depuis le camping situé à un petit quart d’heure du plan d’eau, caisse sous le bras, sac sur le dos, action.
A la sortie du camping, je rejoins un autre gars et son père qui partent eux aussi vers le parc. Se sont des belges. Le fils fait son deuxième EM, après celui de 2011 où il avait pris la « drache » au col d’Izoard. On parle du temps qu’on ambitionne etc…il a l’air assez tendu. Aï, faudrait pas que je me mette aussi à m’inquiéter. Mais toujours pas, comme vide vis-à-vis de ce format de course inconnu, toujours aucun stress et ça contre toute attente, loin de mes avant courses habituels, où les boyaux se tordent parfois déjà la veille…..
Bon, on arrive vite au parc, nuit noire, pas de musique. Passage de la barrière des arbitres, vérif. bracelet, dossard, casque sur la tête, puce à la cheville gauche, en bouts de guidon et de prolongateurs. C’est bon. « Bonne course ». J’y suis, sur le tapis bleu, j’en prends plein les mirettes.
Difficile à décrire, comme si un gamin se retrouvait subitement dans l’atelier du père Noël ou un truc du genre. Un coup d’œil sur la montre, ouaou, 5h15, faut que je m’active. Rangée 28, au fond à droite. Ma monture est toujours là, comme si il pouvait en être autrement. Une vérif. de la pression des pneus, 7bars, OK. Accrocher les chaussures aux pédales, les élastiques, non pas pour aller plus vite mais pour éviter de courir avec des pompes sur cales. Je prépare ce que je vais devoir enfiler pour le vélo : Montre, manchettes, veste, sandwichs Jambon beurre, gâteau sport, barres, gels sur la ceinture porte dossard. Heuu, ça fait pas un peu beaucoup ? sans compter ce que j’ai laissé dans le sac qui m’attend en haut de l’Izoard à peu près les mêmes trucs. Bon, trop c’est mieux que pas assez. A quatre emplacement du mien, je vois un drôle de vélo, vélobleu, et le gars qui compte partir là dessus aujourd'hui. On échange quelques mots, il me dit qu'il n'en est pas à son coup d'éssai, il a fini l'Iron Man de Nice.....( j'ai entre temps fait des recherches sur le type, PAKINATOR, dont je joins le lien vers son récit de course halucinant à Nice ICI http://www.onlinetri.com/phpBB2/viewtopic.php?f=5&t=45477&start=1545%23p899286#p899286)

Alors, reprenons, j’allais enfiler la combi. quand je me suis dit qu’un passage par les toilettes serait peut être judicieux avant la course, pour avoir le moins de pose possible en bord de route. Mal vu ! La queue est interminable, même si pas mal de cabines ont été installée, les gars y moisissent. Bon, c’est mon tour. Quand j’ouvre la porte en en sortant, je me rends compte que le parc est soudain relativement vide. Oui, c’est 5h45. Oups, vite retrouver ma place, enfiler la combi. Attraper mes lunettes de natation et le bonnet ainsi que le sac pour l’Izoard que je lâche au staff à l’entrée du parc en courant. Je rejoins le sas de départ en vrac, essaye d’avancer le plus possible de la ligne d’arbitres devant séparant les coureurs de l’eau. Vite enfiler le bonnet, les lunettes, les bouchons dans les oreilles, le gars derrière moi me signale que ma combi n’est pas fermée, je sais….il me la ferme, le speaker annonce qu’il ne reste plus que quelques secondes avant le départ, le gars à côté de moi me donne un coup de poing sur l’épaule « bonne course – toi aussi, bonne course », on ne s’est jamais vu, c’est pas grave, c’est mon pote…..c’est, le départ ! Heu, on y va là ?

Ca hurle partout, je cours, je gueule comme les autres, l’eau me parait…..sèche ( !) Vrai de vrai, aucun ressenti de mouillé, je pense après coup, que c’est parce que les autres sens sont au taquet. J’ai l’impression de vivre une scène de bataille, de celle qu’on a tous vu à la télé avec ces images de types sautant de leur embarcation sur les plages Normandes. Pourtant, là, aucun assaillant, mais la certitude d’avoir à lutter contre un truc invisible. L’eau est noire, il fait nuit, pourtant, à la lumière des flashs qui crépitent, la visu est plutôt bonne, splouch……je plonge………………..je nage…….je nage. Une vidéo du départ posté par un spectateur sur you tube:  http://www.youtube.com/watch?v=l8ZSCZBDBzM

Tout à présent se fait plus silencieux, en tout cas plus étouffé par l’eau. On atteind rapidement le premier passage d’étroiture entre la première bouée et le ponton à droite. Pourtant, pas de bataille acharnée, moins de coups que sur le CD l’an dernier, pour cause, ils ont doublé la largeur de ce passage en implantant la bouée plus à gauche. Ca passe donc plutôt bien, il faudra tout de même brasser sur deux trois mouvements stoppés par les types de derrières ou d’à côté, un bras retenu, un croisement d’un gars sur mon dos. Ça me fait sortir la tête de l’eau, j’hallucine sur le nombre de spectateurs sur le ponton, le son des encouragements est énorme, cris, sirènes, tropes, cloches….tout est bon. La deuxième bouée pointe son nez, puis la troisième pour un quart de tour à gauche, la 4 puis la longue ligne droite pour retrouver la bouée proche du départ qui signe le premier tour. Je suis bien dans l’eau, j’arrive à bien nager, je pense à ma technique en allongeant au maximum. Le ciel commence à s’éclaircir, au-dessus, un hélico fait du sur place. J’imagine qu’il est là pour filmer la course et pense aux images qu’on pourra voir sur sport + ou Eurosport en Septembre. Le son du rotor ajoute encore à l’ambiance avec l’impression renforcée de vivre un truc extraordinaire. Le premier tour est bouclé, j’ai l’impression de remonter quelques nageurs sans me faire doubler, je m’applique et essai de profiter au maximum de ces instants éphémères. Bientôt la dernière ligne droite, je double quelques filles parties 10min plus tôt que les gars, j’essaye de me concentrer sur ma sortie de l’eau, je repense les gestes à accomplir, lunettes sur la tête, enlever le haut de la combi, courir, allée N° 28….après c’est trop dur de rester concentré, je nage, je m’applique….plus que quelques dizaines de mètres, je sors la tête de l’eau je vois les mecs devant moi qui ont pied et commencent à sortir de l’eau, mes pieds touchent le sol….là c’est du délire, la foule gueule, je me mets à faire la hola avec eux, les deux mains dans les manches de la combi.
Qui pour le coup est assez difficile à désenfiler. C’est la fête ! Je continu à courir jusqu’à mon emplacement dans le parc.

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